Mobilité dans le quartier Faubourg-Est : un Waterlootois interpelle, la bourgmestre répond !

Lors du Conseil communal de Waterloo de ce 3 octobre, un citoyen a interpellé la bourgmestre et les échevins au nom d'habitants de son quartier

Inhabituellement nombreux, le public du Conseil communal rassemblait une quarantaine de personnes, dont environ 25 habitants du quartier Faubourg-Est, pour assister à l'interpellation de Patrice Borde. Celui-ci était mandaté par les membres du nouveau Comité de défense des riverains des avenues de Malmaison et de Fontainebleau.

Malmaison-Riverains  thumbnail_WP_20161003_19_59_08_Pro.jpg

L'interpellation de Patrice Borde

Ceux-ci s'opposent à la mise en sens unique partiel de l'avenue Marie-Louise qui génèrerait la percolation des voitures en transit dans leurs rues (lire article ici). Voici le texte intégral de l'interpellation de Patrice Borde : 

"Madame la Bourgmestre,

Madame et Messieurs les membres du Collège communal,

Mesdames et Messieurs les Conseillers communaux, 

Permettez-moi d’abord de me présenter. Je suis pensionné, établi à Waterloo pour la première fois en 1990 et ayant fait toute ma carrière internationale dans une grande société américaine de produits de grande consommation comme Directeur commercial Europe, Moyen-Orient et Afrique.

Je tiens à préciser que je ne m’adresse pas à vous à titre personnel mais au titre du Comité de Défense des Riverains des avenues de Malmaison et de Fontainebleau créé spontanément et qui s’étend maintenant dans tout le Faubourg Est, ici représenté, et qui m’ont mandaté pour vous interpeller.

Malmaison-Patrice Borde thumbnail_WP_20161003_20_04_15_Pro.jpgNous comprenons les problèmes de l’avenue Marie-Louise et notre objectif n’est pas de maintenir le statu quo, mais bien au contraire de pouvoir proposer des solutions alternatives satisfaisantes pour toutes les parties. Notre démarche est donc constructive et non pas une simple liste de griefs. Nous souhaitons établir avec vous un véritable dialogue, ce qui nécessite une écoute réciproque. Nous devons sortir de cette impasse par le haut et demandons à être désormais étroitement associés à une solution viable à travers une concertation.

Aussi, sommes-nous prêts à entendre vos réponses aux questions posées dans notre Interpellation que je vais reprendre :

1. Le projet du Conseil communal de mettre à sens unique l’avenue Marie-Louise entre l’avenue de Malmaison et l’avenue des Merles approuvé le 27 juin 2016, reste incompréhensible et semble n’avoir fait l’objet d’aucune concertation préalable avec les autorités compétentes, et n’a toujours fait l’objet d’aucune consultation avec les habitants de notre quartier.

Pouvez-vous nous indiquer quelles autorités compétentes ont été consultées à cette date ? 

2. Toute décision se doit d’être réfléchie, prise en connaissance de cause, faire l’objet de consultations ou d’expertises préalables, et basée sur des éléments objectifs, assurant ainsi qu’elle a été prise dans l’intérêt général.

Pouvez-vous indiquer combien de comptages ont été effectués dans le quartier Faubourg Est, à quelles dates et quels en furent les résultats ? 

3. La Commune a affirmé « vouloir faire de son mieux pour que Waterloo reste cette belle commune où il fait bon vivre ». Ainsi, depuis novembre 2015 sont organisées des réunions de concertation de quartiers pour « écouter les souhaits, inquiétudes, difficultés ou satisfaction rencontrées par les Waterlootois dans leur environnement direct afin d’améliorer leur cadre de vie ». Or, à date tous les quartiers ont été consultés sauf le nôtre (quartier 2, Faubourg Est) alors que cette décision néfaste nous impactant directement nous est imposée!

Pourquoi ne pas avoir attendu de nous consulter avant de prendre une telle décision ? 

4. Cette absence de consultation ne reflète en rien la démocratie locale, l’amour de la cité, puisqu’elle va privilégier l’intérêt particulier de quelques riverains de l’avenue Marie-Louise au détriment de l’intérêt général. Nous comprenons les problèmes de cette avenue, mais nous nous opposons vigoureusement à ce que la seule solution soit de dévier le trafic vers les avenues de Malmaison, Fontainebleau, Sansonnets, Merles, Hirondelles, Mésanges et Petits Champs. Ainsi, la pression de quelques-uns va modifier radicalement la qualité de vie de très nombreux autres.

Pourquoi cette précipitation pour instaurer un sens interdit partiel dans l’avenue Marie-Louise, sans étude préalable ni prendre le temps de la réflexion ? 

5. Nous avons demandé par écrit à deux reprises de renoncer à ce projet dont nous pouvons déjà prévoir les conséquences néfastes par la création de nombreuses nuisances dans notre quartier et au-delà dans le centre de Waterloo. .

Pouvez-vous vous engager à ce que soyons maintenant étroitement associés à travers une concertation ?

Quelles sont les prochaines étapes respectant la concertation si chère à la Commune, restant convaincu que c’est la volonté de beaucoup d’entre vous ?

Quand pouvons-nous vous rencontrer pour proposer des solutions alternatives satisfaisantes pour toutes les parties ? 

Je vous remercie pour votre écoute et reste à votre disposition."

La réponse de la bourgmestre

En réponse, Florence Reuter a déclaré ceci en substance :

"Je veux exprimer ma volonté d'être à l'écoute et rassurer les riverains des rues en question. Le problème du trafic de transit est vieux de 30 ans à Waterloo. Il faut tenter de le résoudre sans reporter le trafic ailleurs.

Florence Reuter DSC_0441.jpgCette mise à sens unique partielle de l'avenue Marie-Louise était prévue dans le plan communal de mobilité (PCM) de 2009 au cours duquel les citoyens avaient pu se prononcer. Le plan a été approuvé par la tutelle. Depuis 2011, neuf comptages ont été effectués pendant 90 jours. Le dernier comptage dans l'avenue Marie-Louise a donné des résultats exorbitants.

Si au terme des six mois d'essai, la solution n'est pas efficace et a un impact négatif, on envisagerait d'autres solutions, voire un retour à la situation initiale.

Interpellés par des habitants de l'avenue Marie-Louise, nous avons décidé de mettre en pratique une mesure du PCM, ce qui était plus que nécessaire. Sans essayer cette mesure, on ne peut pas préjuger de son résultat. J'ose espérer que cette mesure sera dissuasive pour le trafic de transit. Le point sera fait à la fin de la phase de test et je reste ouverte à une discussion avec vous.

Les habitants de l'avenue Claire sont aussi touchés par le trafic de transit. Il faudra attendre la fin des travaux sur la chaussée de Bruxelles et faire le nécessaire pour éviter le chaos.

Je vous invite donc à une réunion en présence du commissaire de police et de l'échevin de la mobilité. Notre but n'est en effet pas de porter préjudice aux riverains."

La réplique de l'interpellant Patrice Borde

Comme le prévoit le règlement d'ordre intérieur du Conseil communal, l'interpellant a un droit de réplique de deux minutes à la suite de la réponse de la bourgmestre. Voici ce qu'a répliqué en substance Patrice Borde :

"Madame la Bourgmestre, j'ai du mal à vous suivre. Si le PCM prévoyait une mise à sens unique partielle de l'avenue Marie-Louise, il prévoyait aussi l'installation d'un rond-point sur la chaussée de Bruxelles et un phasage différent des feux de circulation du carrefour entre l'avenue Reine Astrid et la chaussée de Bruxelles. Vous oubliez donc une partie du PCM.

Je ne vous ai pas entendu prononcer le mot concertation. Or, dans l'avenue Marie-Louise, il y a 12 maisons tandis qu'il y en a 200 dans le quartier Malmaison-Fontainebleau. Nous demandons donc que le PCM de 2009 soit totalement mis à jour car s'y référer n'a pas de sens  et en appliquer une partie non plus.

Pourquoi consulter les habitants après coup alors que dans tous les journaux communaux, vous parlez de concertation, concertation, concertation (NDLR : il brandit trois Waterloo Info) ?

Nous vous demandons de supprimer la mise à sens unique partielle de l'avenue Marie-Louise ou d'appliquer intégralement le plan communal de mobilité."

Les deux parties ont ensuite convenu de se rencontrer. Suite au prochain numéro... Tanguy de Ghellinck, blogueur Sudinfo Waterloo

5 commentaires Catégories : Dans les quartiers, Politique Imprimer

Commentaires

  • Sans trafic de transit, l'enfer de la circulation Chaussée de Bruxelles s'aggravera encore....

  • Personnellement, je ne croyais pas beaucoup à la pertinence de ce droit d'interpellation. Naïvement je pensais qu'il suffisait aux citoyens de convaincre un conseiller communal qui pourrait porter sa cause au Conseil. (Un conseiller de la majorité ne prend pas la parole au Conseil, et un conseiller des autres groupes ... cela serai mal vu!) Mais M. Borde a montré que cette procédure peut être efficace. Merci pour la clarté de son intervention.
    Quand à mon groupe (Ecolo) il soutient toutes les mesures qui permettent de restreindre le tout-à-la voiture qui est de mise à Waterloo. (Des ménages pouvant se passer de voiture personnelle, ça existe à Waterloo? )

  • Bonjour,

    La fermeture de l'avenue Marie Louise et de l'avenue Claire au trafic de transit est prévue dans le plan de circulation non pas par un "rond point " conmme indi qué par Tanguy, mais par une berme centrale qui empêcherait les tournes à gauche sur la N5 ( Chaussée de Bruxelles) en venant de Bruxelles. Un phasage appropprié des feux avenue reine Astrid /N5 devrait augmenter le débit de véhicules voulant remonter vers Bruxelles par la N5.
    Ce qui est interpellant dans ce dossier de fermeture partielle des avenues Claire et Marie Louise c'est que le quartier faubourg EST est le seul quartier à ne pas avoir été, convoqué et écouté par le collège communal. Il n'ya en effet pas eu de réunion de quartier.
    Les habitants de rues concernés par le test n'ont été ni avertis , ni consultés; Monsieur Borde a eu le courage d'interpeller la majorité face à ce dysfonctionnement!
    MVW ( Mieux vivre à Waterloo) recommande une test réalisé par une société spécialisée en mobilité en concertation avec tous les habitants concernés. Les critères quantitatifs et qualitatifs de réussite du test doivent en effet être définis avant le test.
    Enfin, MVW recommande une révision complète du plan de mobilité de 2009 car il est complètement obslolète; par manque de plan prospectif d'aménagement du territoire communal,il n'a pas pu tenu compte de plusieurs gros lotissements prévus ou en cours de réalisation: Bella Vita, controle technique Sainte Barbe, Coeur de Ville, Redevco-Richelle ( parking de 300 voitures en plus > voir enquête en cours), Building Capouillet...
    La mobilité douce ( Bus en site propre , piste cyclable, trottoir) reste embryonaire et en mauvais état depuis 35 ans à Waterloo: Quand la majorité va-t-elle se réveiller!

  • Bravo à Mr Bordes, d'avoir ravivé ce droit démocratique fondamental si peu utilisé à Waterloo depuis 30 ans, la politique communale est à la politique ce que la famille est à la société, la cellule de base celle du contact vrai, celle de la réalité de terrain.
    Le problème fondamental de Waterloo ,commune que nous aimons, c'est la densité grandissante d'une population vieillissante alors que 40% des jeunes nous quittent entre 20 et 30 ans. C'est aussi la circulation de transit et le nombre de voitures par foyer. Une solution existe c'est une dérivation nord vers Knock out /Dercheid par les champs proches de la drève de la Meute. Cela aurait du être programmé il y a 20 ans. Cela ne fut pas envisagé par l'ancien bourgmestre super bâtisseur et pour cause
    Il habite comme d'autres poids lourds avenue du Manoir que le bon peuple en sa sagesse appelle l'avenue des millionnaires. Une liaison de ce coté diminuerait le Traffic de transit dans le centre de notre commune de 25 à 30%. C'est en fait une question de courage.

  • Tout d'abord un tout grand merci à Monsieur Bordes :-)
    Il est à noter que le quartier Faubourg (lotissement excepté circulation locale) est désormais totalement oublié/ignoré par nos élus, ... alors que nous y subissons :
    - au sol : un trafic infernal de voitures de transit qui pour la majorité roulent beaucoup trop vite (fini pour les enfants de faire du vélo sans qu'ils ne soient en grand danger alors que nous sommes dans un lotissement et pas un centre ville);
    - en l'air : un trafic infernal de survol d'avions qui ne respectent pas les normes légales. Alors que la justice donne raison aux habitants survolés intempestivement.
    Que fait le collège communal pour ses citoyens ? Où sont nos élus ? Pourquoi nos représentants laissent faire ?
    RENDEZ-NOUS NOTRE QUARTIER !

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