Des vétérans retournent (sur) le champ de bataille de Waterloo ! (+ photos et vidéo)

Depuis le 9 juillet, plusieurs dizaines de personnes sont de retour sur le champ de la bataille pour y réaliser des fouilles

Le groupe est composé de militaires vétérans, d'étudiants et d'archéologues, tous mobilisés et motivés par l'association de bienfaisance (charity en anglais) britannique Waterloo Uncovered.

Cette dernière mène un projet multinational qui associe des fouilles archéologiques à un programme de convalescence et de réhabilitation pour soldats et vétérans.

Cette année, pour sa quatrième campagne consécutive de fouilles sur le champ de la bataille du 18 juin 1815, Waterloo Uncovered a rassemblé une équipe de plus de soixante personnes. En font partie 30 vétérans militaires, principalement anglais et néerlandais, qui ont combattu dans des conflits récents.

Mieux connaître et mieux comprendre

Les découvertes permettent de collecter de nouvelles informations sur la bataille de Waterloo, "la bataille qui a forgé un siècle", et contribuent à améliorer ou transformer sa connaissance et sa compréhension.

Nouveauté cette année : les fouilles ne se concentrent plus dans et autour de la ferme de Hougoumont, magnifiquement restaurée, mais s'étendent au site de la ferme de Mont-Saint-Jean qui fut l'hôpital anglais pendant les combats du 18 juin 1815.

Aux soldats et vétérans présents, Waterloo Uncovered donne l'occasion d'explorer l'histoire de la bataille et, pour certains celle de leur propre régiment tel Mark Evans, officier dans les Coldstream Guards jusqu'en 2010 et directeur de l'association de bienfaisance.

L'archéologie, un chemin de transition vers le rétablissement

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L'archéologie est un moyen pour ces militaires de se rétablir d'une blessure ou d'un trauma, d'acquérir de nouvelles compétences, de vivre de nouvelles expériences et ainsi de recouvrer un certain bien-être.

Sous la direction du professeur Tony Pollard (université de Glasgow), Stuart Eve (société privée L - P : Archaeology) and Véronique Moulaert (Service Public de Wallonie), le groupe inspecte et creuse le sol en utilisant les méthodes digitales les plus récentes.

L'apport des soldats d'aujourd'hui

La présence et le travail de soldats ayant combattu apporte une perspective totalement différente de celle des historiens et archéologues qui permet de compléter l'image de la bataille de Waterloo.

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Actuellement, plusieurs équipes creusent plusieurs tranchées dans la cour de la ferme d'Hougoumont  à Braine-l'Alleud et dans la killing zone à l'extérieur du mur sud du verger. Dans la cour, des fondations de murs (probablement d'étables) et des pavements ont été mis au jour. Dans la killing zone, on a trouvé pour l'instant de la mitraille et des balles de mousquets.

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Distinguer l'ancien du moderne 

"On a aussi trouvé des pierres à silex de mousquets cerclées de plomb, explique une vétérane anglaise chargée de classer et d'analyser les trouvailles. Elles étaient noires et de meilleure qualité dans l'armée britannique et brunes chez les fantassins français. Pour les boutons, il faut faire la part entre les originaux d'époque et ceux des reconstituants contemporains. Les boutons authentiques sont constitués d'un peu de métal entourant du bois pour les soldats et de la corne pour les officiers car le métal coûtait cher à l'époque mais pas la main-d'oeuvre. Aujourd'hui, c'est le contraire : les boutons des reconstituants sont généralement fait uniquement de métal abondant et bon marché tandis que la main-d'oeuvre est chère."

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Ring et rond-point

Dans la prairie en face de la ferme de Mont-Saint-Jean, de l'autre côté de la chaussée de Charleroi, une grue a creusé de longues et relativement profondes tranchées. Cette prairie devrait être expropriée par la Wallonie pour construite le futur double rond-point en haricot entre le McDonald's et la ferme.

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Hélas, les terres déplacées proviennent de la construction en déblai du ring de Bruxelles tout proche dans les années 80 et 90. "Le niveau de l'herbe de la prairie d'antan est à environ deux mètres de profondeur, nous dit-on. On ne sait pas si on va continuer car il faudrait creuser beaucoup plus profondément et cela pourrait être dangereux pour ceux qui fouillent."

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Financement assuré pour cinq ans

"Waterloo Uncovered ayant été reconnue officiellement comme charity en 2016, précise la Française Alexandra Cauvi, une des trois porte-parole de l'association, le ministre des finances britannique a décidé en mai de cette année de financer 40% du budget nécessaire pour poursuivre ses études et travaux durant les cinq prochaines années."

Cela augure encore d'intéressantes campagnes archéologiques sur le champ de bataille de Waterloo et peut-être ailleurs... Tanguy de Ghellinck, blogueur Sudinfo Waterloo

Plus d'infos : http://www.waterloouncovered.com/

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