L'article accablant du Vif/Express qui enfonce Serge Kubla !

Ce 23 août, le newsmagazine Le Vif/L'Express a publié sur son site internet un article estomaquant sur des agissements de l'ancien bourgmestre de Waterloo

Déjà poursuivi et écroué en 2015 pour des faits de corruption, Serge Kubla est maintenant inculpé de blanchiment d'argent par la justice après des perquisitions menées en juin chez lui, sa femme, sa fille et son fils baryton Laurent.

Au départ hebdomadaire d'informations, Le Vif/L'Express s'oriente de plus en plus - et c'est tant mieux - vers le journalisme d'enquête, particulièrement sur son site internet. Nous publions ci-dessous l'intégralité de l'article de son article sur internet à propos des affaires judiciaires qui semblent s'accumuler pour le Waterlootois Serge Kubla.

Kubla : l'enquête rebondit

L'étau judiciaire se resserre autour de l'ex-bourgmestre MR de Waterloo, désormais poursuivi pour blanchiment. Nouvelles perquisitions et interrogatoires.

La rumeur bruissait depuis plusieurs semaines dans les couloirs du palais de justice de Bruxelles. A la fin du mois de juin dernier, des perquisitions ont eu lieu chez Serge Kubla et des membres de sa famille, qui ont été arrêtés et interrogés par le juge Michel Claise. L'instruction judiciaire ouverte en 2015 a, en effet, été élargie à un autre volet : l'ancien ministre wallon MR n'est plus seulement suspecté de faits de corruption, il est aussi poursuivi pour blanchiment d'argent. A l'issue de son interrogatoire, au vu des éléments dont disposent les enquêteurs, il n'aurait eu d'autre choix que d'avouer avoir blanchi de l'argent placé sur un compte suisse. L'enquête du juge Claise a donc pris un tournant déterminant.

Explications : début 2015, Kubla avait été arrêté et incarcéré à la prison de Saint-Gilles. La justice le soupçonnait alors de "corruption concernant une personne qui exerce une fonction publique dans un Etat étranger". Cette personne était l'ancien Premier ministre congolais Adolphe Muzito, à l'épouse duquel Kubla aurait remis, en 2011, dans un hôtel bruxellois, une enveloppe contenant 20 000 euros, en tant qu'intermédiaire du repreneur industriel Duferco, bien connu en Wallonie. Cette enveloppe n'aurait constitué que l'acompte d'une somme beaucoup plus importante destinée à corrompre Muzito pour permettre à Duferco de pénétrer le marché congolais. Les deux dirigeants du groupe sidérurgique, Antonio Gozzi et Massimo Croci, ont également été inculpés de corruption par le juge Claise.

A la suite de la publication d'un document révélé par Le Soir Magazine, la justice s'est ensuite intéressée à Socagexi Ltd., une société écran créée à Malte par Serge Kubla, via laquelle le libéral facturait à une entité de Duferco des "frais de consultance" : 260 000 euros par an, depuis 2009. A l'époque, il n'était plus ministre mais député wallon et toujours bourgmestre de Waterloo. Politique en Belgique et homme d'affaires au Congo... Peu après, selon Le Soir Mag, le Luxembourg a transmis à la Cellule belge antiblanchiment (Ctif) des informations selon lesquelles, entre 2010 et 2013, Serge Kubla aurait retiré 450 000 euros en cash au guichet d'une banque grand-ducale. Il y avait clairement soupçon de blanchiment d'argent de la part des autorités du pays voisin.

La Ctif a relayé les informations au parquet fédéral de Bruxelles, qui s'occupe de cette affaire aux ramifications internationales, mais, comme l'a écrit Le Soir Mag, celui-ci a gelé ces nouveaux éléments pouvant intéresser l'instruction judiciaire, pour des raisons qu'on ne s'explique pas. Depuis lors, au début de cette année, le procureur en charge du dossier Kubla a été remplacé au parquet fédéral. Son successeur a aussitôt élargi la saisine du juge Claise - pour corruption - de manière à ce que l'enquête se penche aussi sur le volet blanchiment.

D'où les perquisitions et arrestations de la fin juin, chez les Kubla : Serge, son épouse, sa fille et son fils Laurent, 40 ans, qui aurait aidé son père, qui ne parle pas anglais, à gérer la société Socagexi, à Malte. La famille a donc été secouée dès six heures du matin, ce jour-là. Les policiers les ont interpellés et emmenés pour interrogatoire, puis libérés, sous conditions dans le chef de Kubla père. L'avocat de ce dernier, Me Denis Bosquet, a confirmé que Serge Kubla avait été réinterrogé mais s'est refusé à tout autre commentaire.

Ce qui intéresse les enquêteurs, c'est un compte suisse, ouvert auprès de la banque privée genevoise Pictet, qui se consacre à la gestion de fortune et possède des bureaux dans toute l'Europe. C'est de ce compte que Kubla a retiré de l'argent cash depuis une filiale au Luxembourg. La Suisse a également coopéré avec la justice belge qui, aujourd'hui, détient l'historique du compte helvétique. 

Cinq millions d'euros

Un compte alimenté en argent liquide, ouvert en 1997 au nom d'une fondation au Lichtenstein, le royaume - jusqu'il y a peu - des sociétés boîtes aux lettres chères aux évadés et fraudeurs fiscaux. Cette société, appelée Swap Foundation, dont les enfants de Kubla sont les ayants droit en cas de décès de ce dernier, a déménagé en 2007 pour devenir la Swap Fundación, au Panama, tout en gardant le même compte chez Pictet. Début 2013, la Swap n'avait plus d'activités et le compte suisse était directement libellé au nom de Serge Kubla. Lequel va vider progressivement son compte en faisant, selon nos informations, un dernier retrait en cash depuis le Luxembourg, à l'automne 2013, de près de... 800 000 euros.

En réalité, le libéral semble devenu persona non grata auprès de la banque suisse qui l'a fiché comme PEP, soit politically exposed person, c'est-à-dire faisant partie d'une catégorie d'individus (chefs d'Etat, ministres, hauts magistrats, hauts fonctionnaires, ambassadeurs...) particulièrement sujets à la corruption. A cette époque, sous la pression internationale, l'ensemble des banques suisses poussent vers la sortie leurs clients douteux. Or, il apparaît, dans les rapports de Pictet, qu'en 2013, Kubla a étudié la piste de la DLU, l'amnistie fiscale belge, pour rapatrier son argent en Belgique. Mais celle-ci ne lui était pas applicable car l'origine de ses fonds semblait trop problématique. Il n'avait plus, dès lors, que l'option du retrait en cash.

Des aveux

Reste maintenant à savoir ce que Kubla a fait de tout son argent liquide. S'il est en aveu de blanchiment, les enquêteurs devraient rapidement le découvrir. Vers 2006, son capital placé chez Pictet s'élevait à près de cinq millions d'euros, avant de fondre d'un tiers du fait de la crise bancaire. Il y aurait néanmoins encore de jolies sommes en jeu. Reste aussi à expliquer d'où venait l'argent déposé en cash chez Pictet depuis 1997. Kubla a dit aux enquêteurs avoir travaillé comme consultant en Afrique pour Duferco dès 2009, année à partir de laquelle il facturait 260 000 euros par an. Mais avant cela ?

Le groupe italien a repris les Forges de Clabecq en 1997, puis a reçu, à partir de 2003 et pendant dix ans, un demi-milliard d'euros de subsides et aides wallonnes pour maintenir les outils à Clabecq, La Louvière et Marcinelle, via la FSIH (Foreign Strategic Investment Holding), un instrument public wallon hybride créé de toutes pièces en 2003 pour alimenter le sidérurgiste italien en contournant les règles européennes de libre concurrence. Kubla a été ministre wallon de l'Economie de 1999 à 2004. A-t-il facturé d'autres discrets "services" à Duferco durant toutes ces années ? L'enquête suit son cours. En plongeant dans le volet blanchiment, la justice risque d'ouvrir une belle boîte de Pandore : celle de la mécanique des subsides wallons.

Contacté par Le Vif/L'Express, le parquet fédéral précise que "des devoirs d'enquête ont bien eu lieu fin juin, que Serge K. a été inculpé pour blanchiment et libéré sous conditions". Laurence Van Ruymbeke

Lien vers l'article du Vif/Express sur internet :

http://www.levif.be/actualite/belgique/kubla-l-enquete-rebondit/article-normal-710079.html

 

Enorme !

Pour l'instant, la justice fait son travail et Serge Kubla est bien sûr présumé innocent. Mais si les informations du Vif/Express sont exactes, cela commence à faire beaucoup pour l'homme :

• Kazakhgate : dossier de naturalisation de Patok Chodiev, voisin immédiat de Kubla à Waterloo, avec des PV à géométrie variable de la police de Waterloo dont certains sont perdus

• soupçon de corruption d'un ex-premier ministre congolais pour implanter la société italienne Duferco (repreneur des Forges de Clabecq et des Usines Gustave Boël à La Louvière) sur le marché du jeu et de la loterie au Congo

• et maintenant inculpation pour blanchiment d'argent via un compte au Luxembourg

Sans compter certaines rumeurs qui circulent depuis longtemps à Waterloo.

Dans l'affaire de blanchiment d'argent révélée aujourd'hui, il faut s'imaginer l'ancien bourgmestre, député et ministre wallon retirer personnellement 800 000 euros en liquide dans un bureau feutré du siège luxembourgeois d'une banque suisse de gestion de fortune, glisser les grosses coupures dans sa mallette, reprendre sa voiture ou un taxi en risquant d'avoir un accident, d'être contrôlé par la police ou d'être dévalisé, avant d'amener cette somme substantielle dans un lieu précis ou de la remettre à quelqu'un. Dégradant. Ahurissant. Atterrant. En un mot : énorme !

Si le contenu de l'article du Vif se confirme, on peut aussi s'interroger sur le ressenti, pire le malaise, de tous ceux qui ont collaboré de près avec Kubla lorsqu'il était député, ministre ou bourgmestre. Ils doivent se dire que ses mandats politiques n'étaient que des hobbies utilisés comme leviers pour des affaires aux enjeux financiers autrement plus attractifs. 

A ce stade, la question est : où les découvertes et procédures judiciaires vont-elles s'arrêter ? Car le dossier Kubla prend inexorablement de l'épaisseur.

Même si les affaires sont totalement différentes, les montants financiers cités plus haut s'ajoutent aux centaines de milliers d'euros qui ont excessivement rémunéré les cupides et amoraux Moreau, Gilles, De Decker, Mayeur, Peraïta et consorts. On ressent clairement que les francophones de Belgique ne supportent plus les politiciens (pas tous) qui profitent de leur position publique pour s'engraisser. Il ne faudrait pas que le dégoût et le rejet s'installent à l'égard de la politique car celle-ci est inhérente à la démocratie. TdG 

 

8 commentaires Catégories : Politique Imprimer

Commentaires

  • il est tout à fait inutile de retourner le couteau dans la plaie !!!
    Voyons plutôt le côté positif, et ce qu'il a réalisé à Waterloo.
    Il y a du pain sur la planche, pour ses successeurs.

  • Tout à fait cher monsieur, oublions cette petite affaire de blanchiment d'argent, parlons de Waterloo, de ses bouchons interminables, magnifique, quelle belle réalisation, la pollution qui va avec, du béton partout, bientôt plus de magasins que d'habitants, ces immigrés grands ducaux. Quel magnifique tableau, vivement mon demenagement l'année prochaine, je pourrai enfin respirer.

  • triste nouvelles pour Waterloomun politicien a qui bien des citoyens avais grande confiance,moi j, en faisais partie,l, argent fais bien des ravages ,, et toujours au détriment des plus démunis,lui in ne proviens pas d, une famille aisée,quand l a débuté a Waterloo,l avais besoin de toute ses pumes pour voler,pas dans le sens actuel,il a toujours continuer a voler quand il avais l, occasion,l, argent brule les doigts a la majorité des politiciens,,,,,hélas

  • Je comprends comme tout le monde que si cet homme a fauté, il doit être poursuivi. Mais franchement a-t-il fait tout ça tout seul ? Ce n'est pas possible.

  • En résumé son mayorat n'était qu'une activité complémentaire, une sorte d'emploi écran de fumée ;-)
    Après lecture des aventures, diverses et variées, on comprend mieux pourquoi les hémicycles sont vides de nos politiques ( censés nous représenter et défendre nos intérêts).
    Visiblement ils ont mieux "affaires" ailleurs.

    Enfin, heureusement que Mr S. Van Overtveldt f.f. a géré la commune pendant +sieurs années.
    En remerciement il s'est fait jeter comme un mal propre.

  • Selon la nouvelle orthographe, il faut écrire désormais "Mayeurat" et non plus "Mayorat".

  • votre orthographe ne s'applique qu'à l'ancien bourgmestre de Bxl (Y.Mayeur)
    pour W°° votre nouveau dictionnaire n'a pas encore été édité . Lol ;-)

  • S'il fait jeter c'est pour des raisons que vous ignorez et inutile de ressasser le passé

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