Une institution waterlootoise change de main mais continue !

Depuis 1989, cet espace attire nombre de Waterlootois, de Brabançons wallons et de Bruxellois sur la chaussée de Bruxelles au centre de Waterloo

Le couple de gérants avait commencé son activité en 1978 à Braine-l'Alleud avant de créer en 1989 une succursale à Waterloo qui deviendra en 1997 l'unique siège de leur entreprise.

 

 

Après une longue carrière, Philippe et Claire Goffe cherchaient depuis plusieurs mois à remettre leur librairie Graffiti. Sociologue de formation, Philippe estime qu'à 67 ans, il était temps de se libérer du poids de la gestion quotidienne de son entreprise (il travaille sept jours sur sept) tout en continuant à défendre sans relâche le métier de libraire et le monde du livre.

Il a trouvé un accord avec deux personnes qui se sont associées pour reprendre son affaire mais à une condition extrêmement honorable : que Graffiti reste une librairie !

Le bon moment à tout point de vue

Graffiti 21439672_1485070748253497_1488421496_o.jpg"Pourquoi arrêter maintenant ? Parce qu'il faut s'arrêter au bon moment et que la librairie va bien, explique Philippe Goffe. Même si, dans ce métier, on doit se battre pour rester concurrentiel notamment face à internet, je suis surtout heureux d'avoir pris les bonnes décisions au bon moment : fermer notre magasin de Braine-l'Alleud, nous concentrer sur celui de Waterloo et agrandir ce dernier."

Une retraite hyperactive

Mais Philippe ne compte pas rester inactif, au contraire, il va enfin pouvoir se focaliser sur ce qu'il aime : lire (il lui arrive de le faire jusqu'à 4 heures du matin), défendre le livre et les libraires. Il est en effet président de l'Association internationale des libraires francophones (AILF) pour laquelle deux voyages en Afrique francophone sont déjà prévus, président du Partenariat interprofessionnel du livre et de l'édition numérique (PILEn) et président-fondateur de Librel, le portail numérique des libraires francophones de Belgique.

Enfin, il va continuer son combat de longue haleine en faveur du décret imposant progressivement le prix unique du livre dans la Fédération Wallonie-Bruxelles comme c'est le cas en France.

"Nos amis les clients lecteurs"

"Mon meilleur souvenir de libraire, ce sont les rencontres avec les clients lecteurs dont certains sont devenus nos meilleurs amis, déclare sans hésiter le libraire bientôt pensionné. Une des périodes les plus difficiles pour nous fut celle des longs travaux de rénovation de la chaussée de Bruxelles qui nous a fait perdre des dizaines de milliers d'euros de chiffres d'affaire au point que j'ai dû diminuer ma rémunération de 30% pendant quelques mois. Mais tout compte fait, ma plus grande satisfaction, c'est le maintien de la librairie indépendante Graffiti à Waterloo."

Des médias aux livres

DSC_2140.JPGQuant aux repreneuses de la librairie, car oui il s'agit de deux femmes, elles se nomment Véronique Symons et Barbara Samos. "Nous venons toutes les deux du monde de la communication et étions collègues dans une grande agence médias, raconte la Lasnoise Véronique Symons. Personnellement, après 25 ans dans la communication, j'en avais fait le tour et je voulais changer de métier. Il y a quelques mois, j'ai appris par un contact chez un distributeur de livres que Graffiti était à vendre. J'en ai parlé à Barbara et nous nous sommes associées pour reprendre la librairie que je connaissais d'ailleurs. Le secteur du livre n'est pas facile, on gagnera moins bien notre vie qu'avant mais on assume car c'est notre projet."

Pour l'instant, les deux nouvelles libraires sont en train d'apprendre toutes les facettes de leur métier avec l'aide de Philippe Goffe qui les accompagne pendant deux mois, d'autant que la rentrée scolaire et littéraire est une période importante pour les librairies.

Continuité et idées

"Dans un premier temps, nous allons faire dans la continuité mais nous avons bien sûr quelques idées, indique Véronique Symons. On voudrait réaménager l'espace enfants de telle manière à ce qu'il puissent s'asseoir par terre par exemple. On pourrait aussi mettre au point un partenariat avec notre voisin Le Pain quotidien pour organiser des matinées jeux le dimanche matin. On va continuer à organiser des conférences périodiques en y ajoutant des sujets portant sur le développement personnel p. ex. On compte aussi moderniser le site internet de Graffiti et être plus actif sur sa page Facebook."

Last but not least, Véronique Symons et Barbara Ramos ont la volonté de conserver l'ensemble des six membres du personnel en place. Elles aimeraient même leur demander d'écrire plus souvent de petits billets à apposer sur leurs livres coups de coeur.

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Philippe Goffe et Véronique Symons

Merci à Philippe et Claire pour la création et l'épatante animation de leur enseigne culturelle ainsi que leur souci de la pérenniser après leur départ. Bon vent à Véronique et Barbara dans leur entreprise qui permet à Waterloo de conserver un commerce tellement différent mais tellement enrichissant. Graffiti est mort, vive Graffiti ! Tanguy de Ghellinck, blogueur Sudinfo Waterloo

0 commentaire Catégories : Culture et histoire, Entreprendre - Immobilier Imprimer

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