Situation de crise : un camion-citerne accidenté déverse 35 000 litres d'essence sur la chaussée de Tervueren !

Nous sommes le 24 juin, il fait 35°C et un vent chaud souffle en rafales de 35 km/heure...

Un camion-citerne s'approche du rond-point de la Sucrerie qu'il heurte avant de poursuivre sa course folle et de se renverser en heurtant une bordure de la chaussée de Tervueren à Waterloo. Les 35 000 litres d'essence qu'il transporte se...

... répandent rapidement sur la voirie. Les risques d'incendie, d'explosion, de pollution et d'intoxication sont importants.

Plan d'urgence communal déclenché

A 9h30, le plan d'urgence communal (en réalité : le plan général d’urgence et d’intervention communal) est déclenché. La cellule de crise, pilotée par la bourgmestre, coordonne les cinq disciplines impliquées : D1 (services d’incendie), D2 (aide médicale urgente, santé publique et secours psychosociaux), D3 (polices locale et fédérale), D4 (service communal des travaux, protection civile, Défense) et D5 (information).

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Rapidement un périmètre de 300 mètres autour du lieu de l'accident est défini. On décide aussi d'évacuer les élèves du centre scolaire de Berlaymont et de la St John's International School  qui participent à une compétition sportive sur le site du Berlaymont ainsi que leurs parents et les professeurs, soit un millier de personnes.

La reine Mathilde interdite à Waterloo

On avertit aussi le Palais que la reine Mathilde ne peut pas se rendre à la Chapelle musicale pour participer à la remise de prix aux lauréats du dernier concours Reine Elisabeth.

Le poste de commandement opérations (PC Ops) est installé sur le parking du supermarché Carrefour Market. Des centres d'accueils sont ouverts successivement au Waterloo Tennis et à la St John's International School.

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Comme toutes les rues autour de l'accident sont embouteillées, on ordonne aux automobilistes d'abandonner leur véhicule. Au total, 1800 personnes seront évacuées, notamment par les Proxibus mobilisés à cet effet. Les habitants doivent fermer les portes et fenêtres de leur habitation.

Cinq blessés graves

Sur les 75 victimes, 70 sont intoxiquées et cinq sont grièvement blessées. Ces dernières sont transportées vers les hôpitaux des communes voisines dont Braine-l'Alleud et Uccle.

La cellule chimique de Braine-l'Alleud est appelée en secours. Du produit inhibant est déversé sur l'essence répandue sur la chaussée de Tervueren et quantité d'eau est injectée dans les égouts pour les nettoyer et éviter tout danger. Les pompiers font des mesures dans les habitations et brancardent les Waterlootois qui ressentaient des malaises.

Tabletop Exercise

Heureusement, tout est bien qui finit bien car ce grave accident aux conséquences potentiellement catastrophiques n'était... qu'un exercice de simulation pratiqué ce vendredi 24 novembre en salle (Tabletop Exercise), sans aucune activité sur le terrain. Un exercice d'état-major en quelque sorte, comme on en pratique à la Défense  (c'est un major de réserve qui parle...).

Responsable de la cellule de crise, la bourgmestre Florence Reuter et les représentants des cinq disciplines précitées étaient réunis dans la salle des conférences au deuxième étage de la maison communale de Waterloo pour réagir à la situation et aux incidents injectés pendant la simulation.

"Exercice géré en bonne intelligence"

Didier Samain 22713192_10214249337967344_3847215940626489426_o.jpgDidier Samain, responsable de la planification d'urgence (PLANU) à l'administration communale, a estimé que "c'était un bon exercice car chacun a pu amener ses éléments sans brouhaha. L'exercice a été géré en bonne intelligence".

Le représentant de la D1 : "Au début de l'incident, la demande de secours dépassait les moyens mais, au fur et à mesure, les renforts sont arrivés." Du côté de la D2, on rappelait que le plan psychosocial avait bien été mis en oeuvre. Pour la D3, le commissaire waterlootois Michel Vandewalle a déclaré : "L'exercice s'était déroulé sans stress. La D3 est donc satisfaite."

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Représentant la D4, le chef du service travaux de la commune, Gaëtan Desondre, a admis que "la connaissance du réseau d'égouts de Waterloo avait été et est fondamentale". Le journaliste communal (D5) a indiqué : "Grâce à cet exercice intéressant, on a pu constater la professionnalisation de la gestion de crise par la commune. Pendant l'incident et les opérations, la discipline D5 a publié quatre communiqués de presse et organisé un point presse à 11h30."

"Pas de réel couac"

La conclusion revient à Florence Reuter qui coordonnait le travail des différentes disciplines impliquées dans la gestion de cette crise : "Ces exercices me permettent de mieux connaître qui fait quoi afin de pouvoir mieux coordonner et décider. Cet exercice a été empreint de bon sens avec des décisions pesées, p. ex. l'ouverture d'un deuxième centre d'accueil à la St John's School. Ce fut un beau travail d'équipe sans réel couac." Ouf, la population est rassurée. Tanguy de Ghellinck, blogueur

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