"Quatorze heures de travail par jour pendant 20 ans : j'ai assez donné !"

Il y a 25 ans, Agata quittait sa ville de Poznań à l'ouest de la Pologne et débarquait en Belgique

Cinq ans après son arrivée chez nous, elle a ouvert son commerce à côté de la gare de Waterloo dans le quartier du Chenois. Aujourd'hui, à l'approche de ses 49 ans, quelque peu fatiguée par son métier aux horaires pénibles, elle a envie d'exercer une autre activité.

Agata, c'est la marchande de journaux, la libraire comme on dit en Belgique, bien connue des navetteurs qui prennent le train à la gare de Waterloo et des Chenoisiens bien sûr. Une institution. Jusqu'il y a quatre ans, elle habitait dans l'appartement au-dessus de son magasin avant de déménager dans un autre appartement à Braine-l'Alleud.

"Un métier sans avenir"

Librairie 27049031_1610299775730593_76254220_o.jpgLe 31 janvier prochain, elle mettra définitivement la clé sous le paillasson de la Librairie de la gare au n° 2 de la rue Emile Dury. "Pendant 20 ans, j'ai travaillé 14 heures par jour, j'ai assez donné, je pense. Je suis arrivée à un stade où je voudrais faire autre chose, précise-t-elle. Je ne crois pas que le métier de marchand de journaux a encore beaucoup d'avenir : actuellement, les gens lisent moins de journaux et de magazines et les cigarettes deviennent fort chères. En plus, la concurrence est rude puisqu'on peut trouver ces articles dans les grandes surfaces et les stations-services tout comme on peut y jouer au Lotto et à Euromillions."

Elle connaît cinq langues !

Agata ne manque pas d'atouts pour sa réorientation. "Je pratique cinq langues : le polonais, le français, le russe, l'allemand et l'anglais. Ma connaissance de plusieurs langues pourrait intéresser la police pour assister administrativement les enquêteurs. Je vais donc essayer de présenter l'examen pour entrer à la police."

Un client lui a suggéré de postuler dans les entreprises liées aux activités portuaires d'Anvers et toujours intéressées par des employés multilingues. Elle n'y avait pas pensé et trouve que c'est une bonne idée.

Horaire jusqu'au 31 janvier

Pour l'instant, elle est fort occupée par la clôture de son activité qu'elle a bien essayé, sans succès à ce jour, de remettre. C'est pourquoi l'horaire d'ouverture de son magasin est modifié : du lundi au vendredi, de 8h00 à 12h30 et de 13h30 à 16h00.

Bon vent, Agata ! Vous manquerez au quartier du Chenois et à vos clients. Tanguy de Ghellinck, blogueur

6 commentaires Catégories : Entreprendre - Immobilier Imprimer

Commentaires

  • J'ai eu l'occasion il y a 8 jours d'informer les membres du groupe "Vivre à Waterloo" et à la suite j'ai reçu une centaine de personnes qui l' ont lu avec de très nombreux commentaires En plus de la presse elle avait un point-poste, le lotto, la blanchisserie et de nombreux colis pour les achats en ligne ce qui explique l'importance des réactions Elle ouvrait vers 6 h 30 pour fermer à 18 h et un jour j'ai vu vers 7 h des citoyens qui l'aidaient à décharger des journaux et revues qu'elle avait dû aller chercher à Bruxelles La fermeture du point-poste va aussi beaucoup perturber les chenoisiens obligés d'aller dans le centre et surtout les personnes âgées qui devront faire de même
    En résumé le Chenois me semble un quartier oublié et qui sait que 4 librairies au Chenois ont mis la clé sous le paillasson (rue Saint-Germain, Fructidor, square Bara et enfin la librairie de la gare)ces dernières années Dès lors qui va mettre dans son programme électoral cette problématique du commerce qui se doit d'être diversifié au Chenois et ensuite l'appliquer si ce parti est au pouvoir dans notre commune Ceci étant si un courageux veut reprendre la librairie il peut toujours se faire connaître

  • Je voulais juste exprimer mes regrets pour cette fermeture et surtout remercier très fort Agata pour son service constant , son assiduité , sa gentillesse et son service vis à vis des clients. Je lui souhaite une nouvelle vie épanouissante et je suis pleine d' admiration pour son courage. Bonne continuation, Agate, on aura une pensée nostalgique en passant devant votre magasin.

  • Nous voici dans la situation du boulanger de Raynaud, chez moi, dans le Chenois où j’habite, on a une étrangère. On ne l’appelle pas par son nom, on dit : Gazette. Dziękuję bardzo i życzę powodzenia (traduction google)

  • Vraiment dommage qu'il n'y ait pas de repreneur. Décidément le commerce de proximité est dans une triste situation à Waterloo.

  • Christian, Segers, nous ne sommes pas dans un pays communiste, les autorités communales ne vont ni ouvrir elle même des commerces, ni obliger des gens à le faire. c'est la loi du marché, s'il faut s'en prendre à qq ce sont les gens qui n'y sont pas allés acheter des choses...

  • Monsieur Yves (qui n'ose pas dire son nom de famille) sachez que je suis heureux de ne pas être dans un pays communiste mais je tiens à vous signaler qu'une commune se doit d'être attentive à ce que tous ses concitoyens puissent vivre dans un quartier qui est facilité par le plaisir d'y vivre et ce n'est certes pas le rôle d'une commune d'ouvrir un commerce mais s'il y a un échevinat du commerce ce n'est pas pour faire de la figuration Enfin je pense que vous ne devez pas habiter au Chenois au sinon vous constateriez la différence

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