Supermarchés Carrefour de Waterloo : paroles des grévistes !

A la suite du plan de restructuration de Carrefour Belgium impactant 1233 travailleurs, de nombreux magasins du groupe ont été touchés par une grève

Le personnel de l'hypermarché Carrefour Planet et du supermarché Carrefour Market ont participé au mouvement social. Vendredi et samedi, il a bloqué les entrées des deux magasins avec des rangées de caddies.

Comme vendredi, le parking du Carrefour Planet de Mont-Saint-Jean était quasiment vide ce samedi matin. Sur les rangées de caddies barrant les deux entrées du magasin, des drapeaux du SETca (FGTB) et de la CNE (CSC). étaient accrochés.

DSC_0403.JPG

Désaccord et solidarité

Une quinzaine de grévistes se tiennent devant l'entrée près du Lunch Garden. "Notre hypermarché ne sera pas fermé mais nous ne savons pas combien de nos collègues seront concernés par le plan de restructuration. Nous sommes aussi solidaires des travailleurs qui seront licenciés ailleurs, explique un représentant syndical remonté du SETca. D'autre part, nous craignons qu'un certain nombre de travailleurs, principalement les CDD (contrats à durée déterminée), ne seront pas réengagés après la rénovation de notre magasin entre mai et août 2018. Aujourd'hui, nous sommes présents pour montrer notre désaccord mais nous ne formons pas vraiment un piquet de grève car quasi aucun membre du personnel ne s'est présenté à part la directrice et le chef de la sécurité de l'hypermarché. Tout se passe donc calmement et nous reprenons le travail ce lundi 29 janvier."

Au cours de la discussion, on a appris que la surface de l'hypermarché sera réduite à l'occasion de sa prochaine rénovation (cf. article ici). Le rayon multimédia en fera les frais. Par ailleurs, pendant les trois mois et demi que durera la rénovation, les 200 membres du personnel ne seront pas reclassés ailleurs mais mis en chômage technique.

Du côté du Carrefour Market de la drève Richelle (centre de Waterloo), c'est à peu de choses près le même scénario sauf qu'ici les grévistes présents ont allumé un brûlot dans un vieux barbecue devant les caddies bloquant l'entrée.

Crainte pour les CDD

DSC_0413.JPG

"Notre Carrefour Market ne sera pas supprimé puisqu'il va aussi être rénové, nous confie une gréviste. Mais, sur les 120 travailleurs du magasin, il y a de nombreux CDD et on craint que leur contrat ne sera pas renouvelé. Nous reprenons le travail lundi. Après, nos éventuelles actions dépendrons du déroulement des négociations dans les prochaines semaines comme le prévoit la loi Renault."

Les travailleurs des deux sites Carrefour de Waterloo se déclarent conscients, tout en le regrettant, que leur grève et leurs barrages empêchent de travailler les employés et indépendants des commerces installés dans la galerie commerciale des deux supermarchés alors que les loyers de ces commerces continuent de courir. Tanguy de Ghellinck, blogueur Sudinfo Waterloo

4 commentaires Catégories : Entreprendre - Immobilier Imprimer

Commentaires

  • Qui orchestre cette désinformation et cette manipulation permanentes ?
    L’inconscient collectif ?
    Par solidarité, mon œil ! Avec les Chinois d'Ali-Baba, peut-être ?
    CDD, cela signifie "contrat à durée déterminée". Sa caractéristique première est DE SE TERMINER à son terme et chacune des parties en est consciente, ou devrait en être consciente. Que le travailleur espère, par la qualité de son travail, convaincre son employeur de l'intérêt qu'il aurait à l'engager à durée indéterminée est tout à fait normal. Tout en se souvenant que "durée indéterminée" signifie simplement que l'ON NE SAIT PAS combien de temps la collaboration pourra se poursuivre. Quel que soit le poste que l’on occupe.
    La loi prévoit simplement qu'un contrat de travail ne peut être conclu "à vie". Même le contrat de mariage n'est plus "jusqu'à ce que la mort nous sépare" et tourne au "mariage à durée limitée"... On ne s'y jure plus fidélité non plus, d'ailleurs. Dans l’entreprise aussi, il est parfois de bon ton de cracher dans la soupe…
    Ce que j'ai écrit par ailleurs devrait être présent dans tous les esprits:
    (1) une démission, comme un licenciement, est toujours un drame à l'un ou à l'autre niveau (individuel, familial, professionnel, « social »,...).
    (2) même à nombre d'emplois constant, les fonctions exercées évoluent sans cesse et les titulaires de ces fonctions, aujourd'hui, ne seront pas nécessairement ceux qui les exerceront demain.
    (3) l'enseignement dispensé (?) présente, chez nous - mais pas seulement chez nous - un important décrochement par rapport aux réalités d'aujourd'hui, sans l'effort d'anticipation et d'imagination qu'impose la vie en société; malgré des initiatives louables, souvent en butte aux idées reçues.
    (4) Nous vivons dans un monde compliqué qui se voudrait universel, mais est peuplé en grande partie d'égoïstes aux raisonnements simplistes.
    (5) Il est plus que temps de "penser autrement" !

  • Il en est de la grande distribution comme de la sidérurgie en son temps ; au départ, ce fut un extraordinaire outil de progrès - social, économique, sociétal et culturel - mais qui, au fil des années, a atteint "ses" limites.
    Nous évoluons, notre manière de vivre, de consommer, de penser, de "jeter" évolue aussi. Alors ... acceptons, qu'à côté de nous, il y ait AUSSI du changement ... qui passera par des efforts.
    Seriez-vous prêt à porter des sabots de bois pour aller travailler parce qu'avant , c'était comme cela ?
    Réfléchissez à TOUT avant de hurler au pendu ....

  • Je constate que Carrefour Belgium n'a pas anticipé la réaction des travailleurs wallons de Carrefour avec 28 magasins fermés Cela a eu pour conséquence qu'avec 3 jours d'affilée de nombreux produits frais ont dû être jetés Ainsi j'ai constaté samedi en fin d'après-midi qu'à l'arrière du Carrefour de Mont St Jean il y avait 5 containers remplis à ras-bord de salades, pains, viande, etc et qu'aucune banque alimentaire n'est venue chercher certaines denrées Si vous multipliez cela par 27 la perte est salée Donc manque d'anticipation en sous-estimant la force syndicale qui n'est pas la même qu'en France et donc le gestionnaire de la restructuration ne devrait-il pas recevoir son C4 ?

  • En région liégeoise, les supermarchés ont l'obligation de distribuer les surplus alimentaires aux associations.
    C'est une des conditions pour l'obtention du permis d'urbanisme.
    Bravo à l'initiateur de cette obligation :-)
    A quand en Brabant ?

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel