Semaine noire à Waterloo : les causes des multiples coupures d'électricité et d'eau !

La semaine écoulée a été marquée par plusieurs interruptions d'alimentation en électricité et en eau

Tout a commencé le lundi 20 août par une coupure d'électricité dans le nord de Waterloo. C'est une entrepreneur qui a arraché un câble dans l'avenue des Sansonnets. Ce problème technique a privé...

... 1200 clients d'électricité pendant deux heures, le temps que les services d'intervention de l'opérateur de réseaux de distribution d’électricité et de gaz naturel Ores arrivent sur place et effectuent la réparation.

Coupures 3 images.jpg"Nous rappelons que tous les entrepreneurs qui travaillent actuellement à Waterloo disposent des plans du réseau dans le cadre de leurs chantiers, tient à préciser Hayri Uluç du service communication d'Ores. Nous les appelons à la vigilance, d’abord pour la sécurité de leurs équipes sur le terrain et ensuite afin de ne pas pénaliser les riverains en provoquant des coupures de courant." 

4000 clients waterlootois sans électricité pendant une matinée

Mais ce n'est pas tout : le mercredi 22 août, deux pannes se sont produites à Waterloo dont une de grande ampleur au sud de Waterloo puisque celle-ci a impacté 4000 clients. Outre des habitants importunés, de nombreux commerces et PME ont été dans l'incapacité de travailler. Ce fut aussi une solide tuile pour l'hypermarché Carrefour de Mont-Saint-Jean qui procédait à sa réouverture rouvrait après 15 semaines de travaux de rénovation (voir article ici).

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Arrivés sur place une grosse 1/2 heure après l'incident, les services d’intervention d’Ores ont procédé aux opérations appropriées pour détecter l’origine des problèmes. "Un premier court-circuit a été identifié sur un câble souterrain à Mont-Saint-Jean, à hauteur du garage Jaguar-Land Rover, explique Hayri Uluç. Son origine est plus que vraisemblablement liée à un chantier réalisé sur place il y a plusieurs semaines. La toute grande majorité des clients impactés ont été réalimentés progressivement durant la matinée."

La deuxième panne du 22 août s'est produite dans le quartier d'Argenteuil. Elle est aussi due à un défaut de câble, privant une centaine de clients pendant une partie de l’après-midi.

Un pire pour un mieux

Pour couronner cette semaine noire, le jeudi 23 août, l'alimentation en eau à été interrompue dans le quartier Faubourg ouest au nord de Waterloo. La veille, une intervention de l'intercommunale in BW, issue de la fusion de l'IBW et de l'IECBW et chargée entre autres de la distribution d'eau potable, était prévue chez un abonné de l'avenue Henri Bourgys pour remplacer un robinet avant compteur.

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En accord avec l'abonné, le travail a été reporté lendemain car l'agent d'in BW ne pouvait pas réaliser l'opération seul. "Le 23 août en fin de matinée, nos agents ont fermé la vanne du raccordement en voirie et ont commencé le travail dans le garage de l'immeuble, relate Raphaël Lateur, chargé de communication chez in BW. En démontant le robinet défectueux, ils ont constaté que la vanne du raccordement en voirie n’était plus étanche. Pour ne pas inonder le garage et pouvoir achever le travail, ils n’ont eu d’autre choix que d’interrompre la fourniture d’eau sur un tronçon de l'avenue rue Bourgys et du clos Beau Séjour." Une vingtaine d’habitations ont été privées d’eau pendant environ 1h30.

Lenteur et opacité (brabançonnes) wallonnes

Près de 15 ans après la catastrophe épouvantable de Ghislenghien en 2004 (24 morts à la suite d'une explosion de gaz causée par un engin de chantier), il est proprement insensé que la Wallonie en est toujours à patauger pour réaliser une cadastre et/ou une cartographie des impétrants (conduites, canalisation et câbles enterrés) sur son territoire.

Il existe bien le point de contact fédéral d’informations câbles et conduites (CICC) mais qui met en garde pour la Wallonie : "Attention : certains gestionnaires de câbles et de conduites ne sont pas encore membres du CICC..."

Sur le site de consultations et de demandes impétrants du Service public de Wallonie (SPW), on lit : "ATTENTION : CE SITE N’INTERROGE PAS : le CICC, les autres impétrants éventuellement présents dans la zone de travaux projetées, ..."

En 2009, la Wallonie a commencé à élaborer son décret impétrants qui n'est entré en vigueur - ce n'est pas une blague - que le 1er avril 2018 ! En application du décret, l'asbl Powalco a été créée avec Nethys, Ores, Aquawal, Proximus, Elia et la Wallonie. Powalco est la plateforme informatique unique de coordination des chantiers qui permet aux opérateurs de communiquer et de s’échanger les données. Elle est destinée aux gestionnaires des voiries, cours d’eau, câbles, canalisations et des entreprises pouvant y effectuer des travaux.

En 2015 a été signée la convention Waltopo, partenariat entre les impétrants (Ores, Proximus, SWDE, CILE, SPGE, Nethys, Eliaet Fluxys) et le SPW en vue d’enrichir et de maintenir l'actualisation permanente de la cartographie numérique wallonne en 3D, à savoir le PICC (projet informatique de cartographie numérique continu).

En Brabant wallon, la situation n'est guère brillante en ce qui concerne les conduites d'eau souterraines et les égouts. A la demande de la Société publique de gestion de l’eau (SPGE), in BW a commencé il y a peu l'inventaire des 1700 km de conduites d'eau souterraines. Concernant les égouts communaux, leur cartographie ne serait achevée qu'en 2027. Tanguy de Ghellinck, blogueur Sudinfo Waterloo

Va encore que le citoyen lamda ne comprenne pas grand-chose au charabia technico-administravo-procédurier de la dernière partie de l'article. La réelle question est : est-on sûr que les fonctionnaires communaux et régionaux, les employés des gestionnaires de réseaux et des entreprises de travaux (dont des PME) connaissent, comprennent et utilisent adéquatement les outils décrits ci-dessus qui, outre le fait qu'ils sont partiels et donc peu rassurants, se superposent et s'entrecroisent ?

A la complexité de la problématique des impétrants avant et pendant un chantier, la Wallonie a ajouté une complexité organisationnelle et méthodologique opaque et kafkaïenne qui part dans tous les sens. Si l'enjeu n'était qu'administratif et/ou procédural, cela resterait acceptable. Mais c'est surtout de la sécurité des ouvriers et des citoyens qu'il s'agit. On ne parle même pas des conséquences économiques pour les entreprises et les commerces et de l'inconfort des habitants.

A la place des entreprises de travaux, on aurait encore peur d'entamer un chantier avec une emprise souterraine. TdG

 

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