Château de la Rose : le ministre ne veut pas le classer !

Depuis deux-trois ans, des rumeurs circulent sur le devenir du château de la Rose et de son parc situés dans le quartier du Chenois à Waterloo

Craignant que la propriété fasse l'objet d'un projet immobilier, les associations de quartier et les habitants se sont mobilisés en organisant une pétition en 2017 (voir article ici). De son côté et de façon très professionnelle, le comité Chenois avait officiellement demandé le classement du château mais...

... ce ne sera pas le cas. Voici le communiqué du comité Chenois (publié intégralement et sans modifications selon ses desiderata) à propos des toutes dernières évolutions du dossier :

Demande de classement du château de la Rose  (Waterloo Chenois) 

Voici les dernières nouvelles concernant notre demande de classement du château de la Rose. Ces nouvelles, fort malheureuses, nous arrivent de l’Agence wallonne du patrimoine (AWaP). 

Au risque de décevoir les presque 1600 pétitionnaires et les associations (Environnement Waterloo, Association Inter Quartiers Waterloo et le Comité Chenois) qui nous avaient largement soutenus l’année passée, lors de la récolte des signatures, l’information est tombée : 

le ministre René Collin a décidé de ne pas entamer la procédure de classement !
 

La grille d’évaluation, rédigée par les services de l’AWaP, estime que le bien ne montre pas suffisamment d’intérêt historique, mémoriel, archéologique, artistique, social ou esthétique... 

Mais elle reconnaît en revanche que le château de la Rose présente un intérêt architectural intègre et authentique (style "Art Nouveau"), et que par son intégration dans un jardin d’agrément, ses allées, ses annexes, l’ensemble du bien présente un intérêt paysager également intègre et authentique, représentatif d’un certain modèle de vie bourgeoise rurale. 

Quant à la protection du château à long terme, la fiche patrimoniale parle de "la situation aléatoire de propriété du château de la Rose, quoique celui-ci fait manifestement partie du patrimoine affectif des habitants de la commune où il est implanté" (sic). 

D’après une lettre du conseil des propriétaires du château, une clause serait prévue dans l’acte de vente "interdisant à l’acquéreur et à tout acquéreur ultérieur de démolir le château". Mais cela n’empêcherait pas le nouveau propriétaire de le "transformer et rénover" à son goût... Sans parler du sort des dépendances, du portail, du magnifique parc et de ses arbres remarquables qui tous participent à la qualité esthétique et patrimoniale de l’ensemble. 

De plus, d’après les informations que nous avons pu recueillir auprès de spécialistes (juristes, notaires et avocats), il semble bien que pareille clause n’ait aucune valeur juridique réelle.  Elle ne serait donc qu’une garniture sédative destinée à rassurer la population. L’affaire est loin d’être terminée. Nous devrons encore la suivre de très près.

Quoi qu’il en soit, nous tenons à remercier chaleureusement toutes celles et ceux qui nous ont soutenus pour la récolte des signatures et la réalisation du dossier de demande de classement. 

Même si la présente action n’a pas atteint le but espéré, cette collaboration citoyenne, nombreuse et enthousiaste, a bien révélé et entretenu la cohésion des habitants du Chenois et de Waterloo, désireux de préserver leur environnement déjà tellement malmené. 

Par le passé, la mobilisation citoyenne nous a déjà permis d’arrêter ou de limiter de nombreux projets immobiliers qui menaçaient nos quartiers. C’est en restant ainsi mobilisés et actifs que nous pourrons continuer à protéger notre cadre de vie avec, si nous pouvons croire les nombreuses promesses qui nous sont faites, l’aide et la collaboration sincère et efficace de nos élus communaux.

Comité Chenois

 

"Pas suffisamment d'intérêt"

Comme il se doit, nous avons cherché à recouper et vérifier l'information en interrogeant le cabinet du ministre wallon du patrimoine René Collin.

"Ce bien étant repris à l’Inventaire du patrimoine, une valeur patrimoniale lui est reconnue, explique Pierre Wiliquet, porte-parole du ministre wallon. A la demande du ministre, une analyse dans la perspective d’un éventuel classement a été réalisée en juin 2018 par ses services administratifs, l'Agence wallonne du patrimoine. L’étude patrimoniale en vue du classement éventuel se conclut en disant  que le bien ne présente pas suffisamment d’intérêt pour être protégé  par un classement, qu’il soit à titre d’ensemble architectural tel que demandé par les pétitionnaires ou à titre de monument. Le Code du patrimoine prévoit en effet  un ensemble de critères suivant lesquels un classement peut s’envisager."

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Inscription justifiée à l'Inventaire du patrimoine

Pierre Wiliquet complète : "Le bien s’inscrit dans le style Art nouveau dont il est une interprétation tardive (1928). Il s’agit d’un bien préservé qui présente aujourd’hui un intérêt architectural. L’AWaP épingle d’autres caractéristiques qui pourraient faire apparaître qu’une certaine rareté est accordée à l’immeuble (pas d’intérêts artistique, historique, esthétique, technique pour citer les intérêts les plus souvent rencontrés dans des bâtisses du même type qui sont classées). Dès lors, alors que son inscription à l‘Inventaire du patrimoine se justifie pleinement, il n’est pas envisageable de procéder au classement."

On retiendra surtout de ce qui précède que, pour le Comité Chenois, le combat continue pour protéger le château de la Rose "avec, si nous pouvons croire les nombreuses promesses qui nous sont faites, l’aide et la collaboration sincère et efficace de nos élus communaux." Tanguy de Ghellinck, blogueur Sudinfo Waterloo 

4 commentaires Catégories : Dans les quartiers, Entreprendre - Immobilier Imprimer

Commentaires

  • Comment peut on faire pour faire pression pour la conservation.
    Ça me rends folle de voir comment "ILS" traitent cela.
    Une telle merveille.
    Je suis triste et révoltée

  • Pour votre information, une agence immobilière "Agence 66" est installée rue Émile Dury 63, c'est-à-dire au château de la Rose ! Dans sa publicité elle affirme que le château ne sera pas détruit.

  • Et pourquoi ne pourrait-il pas être rentabilisé tel le château Chenau à Braine l’Alleud?
    Nombre de futurs mariés aimeraient organiser leur noce là.

  • Tout à fait d’accord. La commune ou la province pourrait en faire l’acquisition pour en faire un lieu culturel et accessible à tous.

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