Marche pour le climat et "brossage" des cours : aucune école de Waterloo ne s'exprime sauf une !

Depuis le début de l'année, les jeunes marchent pour le climat à Bruxelles et ailleurs

Réunis sous la bannière du collectif Youth for Climate, les jeunes Belges, essentiellement inscrits dans l'enseignement secondaire, se mobilisent en nombre croissant chaque jeudi : 3000 le 10 janvier, 12 500 le 17 janvier et 35 000 le 24 janvier 2019.

Scandant "On est plus chaud que le climat" pendant leurs marches, les élèves demandent aux gouvernements fédéral et régionaux l'adoption de mesures pour lutter contre le réchauffement climatique. La volonté des élèves est de poursuivre leur mouvement jusqu'aux élections du mois de mai.

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"Brosser" les cours pour marcher

Indépendamment de la pertinence et de la justification de leur mobilisation, des parents, des directeurs d'école, des enseignants et des commentateurs soulèvent le problème de l'école buissonnière, certains parlent de grève ou de désobéissance, des jeunes marcheurs qui brossent les cours.

Nous avons posé une série de questions aux écoles secondaires de Waterloo pour connaître leur point de vue et leur approche par rapport à l'absentéisme des élèves qui marchent pour le climat.

Un seul directeur s'exprime

Seul Denis Dehon, directeur du lycée de Berlaymont, a fait montre de transparence et nous a répondu : "De manière institutionnelle, j’ai suivi les modes opératoires d’autres de mes collègues, à savoir : à titre personnel, reconnaître que c’est une action qui doit être soutenue ; à titre institutionnel, le mouvement lui-même s’est construit sur la notion de brossage pour une noble cause et donc il convient d’en assumer les conséquences (absence considérée administrativement comme injustifiée). Tout comme chaque "gréviste" assume son non-salaire. Toutefois, nous ne sanctionnerons pas ce brossage."

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"Vacances en avion ou pas ?"

Denis Dehon thumbnail_159_ID_PRO_1349.jpgIl poursuit sur la sensibilisation des élèves : "Une sensibilisation à l’école doit aussi se construire avec eux et par eux. Pour l’instant, leur réaction est "émotionnelle", peu se construit par eux à l’école de manière collective. Nous devons pourtant nous en assurer. Avec une équipe de professeurs, nous souhaitons que cette dimension apparaisse clairement. Si l’école doit se positionner et accompagner les élèves dans leur démarche de manifestant, c’est pour donner une leçon à tous en disant : "nous ici, on change déjà, on change nos mentalités, on a essayé, ça marche". Ce n’est pas encore le cas, je vous l’avoue. Les gestes écologiques de nos élèves doivent encore être bien amplifiés. Nous souhaitons avec ces professeurs les sensibiliser à cela. "Si tu veux que les gens changent, change d’abord toi-même"Une campagne de sensibilisation va être lancée à la suite de premières initiatives sur le Zéro déchet du mois d'octobre. Nous pourrions poser ces questions à tous : vacances en avion ou pas ? Bouteille en plastique ou pas ? Trajet raisonné ou pas ? Covoiturage ou pas ? Tri des déchets ou pas ? Gestion des espaces collectifs comme à la maison ou pas ? ... "

Une cinquantaine d'absents pour "manifestation"

Sur l'organisation des cours pendant les marches, Denis Dehon déclare : "Si j’en crois les absences du 24 janvier, une cinquantaine d’élèves seraient concernés par une absence pour "manifestation". Selon l’absentéisme en classe, des professeurs en ont profité pour aborder ces différents points. Quels sont les engagements concrets à la portée de tous pour changer nos attitudes ou nos modes de consommation car la vraie question est celle-là : sommes-nous prêts à renoncer à certains conforts ? Sommes-nous prêts à en payer le prix ? Enfin, si les élèves viennent avec des projets concrets à présenter lors des prochaines "manifestations", nous pourrions alors imaginer un autre type d’actions soutenues par l’école à ce moment-là en tant qu’institution."

Au vu des considérations intéressantes exprimées ci-dessus par le directeur du lycée de Berlaymont, on regrette l'absence de réactions et commentaires des directions de l'athénée royal de Waterloo, de l'institut des Sacrés-Coeurs, de la St.John's International School et de la Musica Mundi School. Tanguy de Ghellinck, blogueur Sudinfo Waterloo

3 commentaires Catégories : Politique, Société - Mobilité - Humanitaire Imprimer

Commentaires

  • Je ne suis guère étonné du peu de mobilisation des jeunes de Waterloo car il n'est que le reflet du mode de vie de leurs parents
    En effet notre commune par exemple est championne pour le taux de voitures élevé par habitant sans parler plus particulièrement des voitures de société Dans ce cas bien précis quel est le nombre de travailleurs qui utilisent le train malgré que les 2 parkings de la gare qui sont bien remplis ? Le "tout à la voiture" à Waterloo reste bien la dominante grâce notamment à une politique qui a peur d'aller contre une option majoritaire alors que les jeunes veulent du changement
    Enfin quelle est aussi l'attitude des parents vis-à-vis de leurs enfants qui veulent manifester ?A mon avis cela ne doit pas les pousser à une autorisation dans ce contexte bien ancré dans notre commune

  • Je remercie ce directeur pour sa lucidité même si la tâche à surmonter est énorme. Lutter contre l'e-commerce, le low cost à tout va, des Albert Heijn et Ali Baba, le conditionnement au confort dans les milieux favorisés.
    Ce défit passera par l'éducation, l'enseignement, la culture ou par des canicules, des pluies diluviennes dévastatrices. Les parents et gd-parents seront les premiers à s'en plaindre.
    Il n'y a pas de raison de stigmatiser les étudiants de manifeste pour cette noble cause. En 1990, pour d'autres raisons, beaucoup de professeurs ont aussi fait grève et l'école buissonnière d'une certaine façon. Chacun sa cause, chacun sa lutte.

  • Merci monsieur Dehon pour avoir fait preuve d’un peu de raison dans ce climat inutilement alarmiste instrumentalisé par le politique à l’aube des prochaines élections. La température terrestre n’a pas bougé d’un dixième de degré depuis 20 ans Comme l’attestent les relevés incontestés effectués par la NASA. Il ne serait pas inutile de donner aux élèves d’autres informations que celles martelées jour après jour par la presse francophone, de leur ouvrir l’esprit sur des informations strictement scientifiques, telles les paramètres de Milankovic, afin qu’ils puissent se faire leur propre avis sur la question climatique, abordée dans son ensemble.
    Il y a beaucoup d’efforts à faire encore, en Belgique mais aussi en Europe, en matière de recyclage, de gestion des déchets,etc... Tous ces combats méritent de réels efforts de la part de tous...mais de grâce, refusons la récupération politique actuelle de nos enfants

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