Mesure radicale : la commune saborde l'ASBL Waterloo Sports ! (30 septembre 2020)

Depuis le début de l'année, l'ASBL Waterloo Sports, très largement subsidiée par la commune, est dans la tourmente à la suite d'un audit ordonné par la commune

Et la sentence de ce contrôle vient de tomber : dans un communiqué, la commune de Waterloo annonce qu'elle va désormais gérer et exploiter elle-même ses infrastructures sportives.

Peu après son installation après les élections communales d'octobre 2018, le nouveau collège communal a décidé de faire procéder à un audit approfondi des ASBL subsidiées par la commune, dont Waterloo Sports, afin de vérifier la bonne utilisation de subventions en question (voir article ici).

Patrimoine sportif de la commune

Pour rappel, Waterloo Sports gérait de nombreuses infrastructures sportives : le hall omnisports du centre-ville et du Chenois, le stade du Pachy avec son terrain de rugby ceinturé par une piste d'athlétisme, la piscine Nausicaa, le boulodrome, le complexe sportif de Joli-Bois avec ses terrains de football, les installations de Waterloo Tennis.

Changements dans la gestion

Après des mois de réflexion, les autorités communales reprennent donc ont décidé de rapatrier la gestion des infrastructures sportives "afin de les rendre plus efficientes".

Selon le communiqué de la commune, cette décision a trois conséquences :

- l'exploitation de la piscine Nausicaa devrait être confiée à une ASBL communale encore à créer

- la gestion du tennis, du padel et du club house du Waterloo Tennis sera concédée au secteur privée

- une régie communale va être créée pour l'exploitation des autres infrastructures sportives communales, leur mise à disposition aux clubs et l'organisation de stages pour les jeunes

Malgré ces changements, le fonctionnement quotidien des infrastructures sportives communales et le personnel actuel de l'ASBL seront maintenus.

Licenciement

Pour la première fois, le pouvoir communal reconnaît officiellement que le conseil d'administration de Waterloo Sports a pris, "en urgence", des mesures de réorganisation, dont le licenciement, il y a plusieurs mois déjà, du directeur Michel Swolfs. Tanguy de Ghellinck, blogueur Sudinfo Waterloo

 

On acte que le pouvoir communal et le conseil d'administration de l'ASBL Waterloo Sports prennent certaines actions. Cependant, le communiqué de la commune dont l'essentiel est repris ci-dessus appelle des questions et des commentaires.

1) On ne sait toujours pas officiellement pour quelles raisons précises des décisions ont dû être prises. Des erreurs de gestion et/ou de comptabilité, des malversations, des détournements ont-ils été commis ? De quels montants parle-t-on ? Depuis combien de temps ? Si cela est avéré, plainte a-t-elle été déposée par la commune ? Si non, pourquoi ?

Le cas échéant, le directeur licencié Michel Swolfs serait-il le seul responsable fautif au sein de l'ASBL Waterloo Sports ? Les comptes et la gestion de l'ASBL n'ont-ils pas été approuvés par son conseil d'administration en grande partie "politisé" ? Les précédents échevins des sports n'ont-ils jamais rien vu ? Pour lever l'opacité de certains pans du dossier, il faudrait rendre l'audit public.

2) Que devient l'ASBL Waterloo Sports vidée de sa substance ? Demeure-t-elle une coquille vide ou est-elle dissoute ? Dans quel état sont ses finances ? Si elles sont dans le rouge, la commune bouchera-t-elle le trou ? Que devient le subside communal à l'ASBL qui tourne autour de 1,1 million d'euros par an ?

Par ailleurs, alors qu'elle avait déclaré en conseil communal qu'elle évoquerait la situation de Waterloo Sports en fin d'année quand les contrôles de toutes les ASBL subventionnées par la commune seraient achevés, on observe que la bourgmestre a anticipé sa communication (partielle).

C'est politiquement habile car après avoir injustement interdit la publication dans Waterloo info d'une carte blanche d'Ecolo au sujet de Waterloo Sports (voir article ici), elle coupe l'herbe sous le pied de l'opposition dont Ecolo qui possède un administrateur dans le conseil d'administration de l'ASBL.

En effet, Ecolo comptait légitimement faire du dossier Waterloo Sports une affaire politique mais les discussions internes entre les partisans d'une opposition incisive et ceux d'une opposition collaborative, les tergiversations, la prudence excessive, voire la consultation d'un avocat, ont paralysé son action et n'ont conduit à rien.

Désormais, toute intervention de l'opposition sur Waterloo Sports aura pour seul effet de faire un grand "plouf". Comme nous l'ont déjà confié (avec regret ?) certains élus de  la majorité absolue MR :  "C'est inimaginable comme l'opposition est faible à Waterloo !" On pourrait aussi ajouter qu'elle communique bien peu ou maladroitement.

Ce n'est pas demain que le rapport des forces politiques entre une majorité à la biélorusse et une opposition lilliputienne va changer à Waterloo où plane une brume de politique molle et de débat démocratique faible...  TdG

 

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