L'histoire de Madame Soleil

22 septembre 1976, une très jeune femme débarque en Belgique, bluffée par un soleil intense. Elle en a déjà vu de toutes les couleurs...  

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Même si Inez Olude da Silva apprendra rapidement que soleil est pluie jouent au chat et à la souris dans notre pays, elle s'y est fixée depuis 35 ans. Elle est née à Recife dans le Nordeste brésilien, une région dont la pauvreté est heureusement compensée par le soleil, la forêt et la mer. Son adolescence  est un mélange de couleurs, de musique et d'amitié typiques de son pays natal.

 Entraînés par l'inconscience de leur jeunesse, son groupe d'amis titille la dictature militaire brésilienne dont ils ne supportent pas les contrôles envahissants. Son futur mari, 17 ans à l'époque, passera d'ailleurs 9 mois en prison. Dégoûtés, ils s'enfuient au Chili, attirés par l'utopie socialiste de Salvatore Allende. Hélas, le coup d'Etat de la junte militaire de Pinochet renverse le président élu et met fin à leur rêve. Arrêtés, Inez et son ami sont expulsés vers Buenos Aires où règne un autre pouvoir totalitaire qui les emprisonne à son tour.

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 Des toiles ensoleillées et vives 

Inez Olude rejoint finalement la Belgique où elle s'occupe en faisant du théâtre et de la danse. Sans formation, elle se met à dessiner et à peindre des oeuvres dont la base est ce soleil qui lui manque tant. Elle commence généralement par un petit tableau qu'elle reproduit ensuite sur une vaste toile. J'utilisais mes deux mains et le pastel pour aller plus vite. Ma résilience me rend capable de surmonter les chocs de la vie pour en faire quelque chose, explique-t-elle.

Inscrite dans une académie, elle monte sa première exposition à Gand en 2000, s'essaye à la peinture à l'huile trop lente à son goût avant d'opter définitivement pour l'acrylique. Cette technique rapide permet de faire et refaire facilement. Et comme je n'aime pas nettoyer mes pinceaux, je travaille au pinceau sale. N'éprouvant pas de plaisir à peindre la nature, activité qu'elle confie aux photographes, elle se décrit comme expressionniste-naïve-coloriste.

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L'artiste-analyste

Au milieu de son petit living, dans une ambiance musicale, elle peint en roulant et déroulant ses toile au fur et à mesure, sans jamais voir l'intégralité de ses créations. Celles-ci sont truffées, parfois inconsciemment, de références et d'histoires personnelles. Inez analyse ses oeuvres des heures entières, s'épargnant ainsi les consultations d'un psy.... TdG

Dans la catégorie Album photo à droite ou ici, Inez Olude explique ses oeuvres. DSC09508.JPG

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Informations pratiques
Exposition Inez Olude da Silva et Totonho,
à l'occasion d'Europalia Brésil
Jusqu'au 30 octobre 2011, de 14 à 18h00
Entrée gratuite
Les Ecuries
Chaussée de Bruxelles 308 à 1410 Waterloo
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