"Meurtre à Waterloo" commis par Jean-Baptiste Baronian

Jean-Baptiste Baronian a récemment donné une conférence à la librairie Graffiti sur le polar à l'occasion de la sortie de son roman de gare Meurtre à Waterloo 

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Romancier, essayiste, biographe, encyclopédiste, critique, Jean-Baptiste Baronian est un homme de lettres polygenre d'une grande érudition. Avec son dernier livre Meurtre à Waterloo, il fait partie de la première triplette des romans de gare judicieusement relancés par les éditions Luc Pire. Celles-ci renaissent heureusement de leurs cendres encore tiédasses laissées par un actionnaire idolâtrant le veau d'or.

Philippe Goffe, propriétaire de la librairie waterlootoise Graffiti, rappelle que Jean-Baptiste Baronian est aussi membre de l'Académie de langue et de littérature françaises de Belgique et président de l'Association des amis de Georges Simenon. Il vient de recevoir le prix de littérature 2011 du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour sa biographie de Rimbaud. 

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 "L'idée originale de Luc Pire, raconte Baronian, était d'écrire des romans policiers touristiques se déroulant à Bastogne, Spa-Francorchamps, Ypres, .... Puis sous l'impulsion du SNCB-Holding qui souhaitait s'investir dans une première activité littéraire, le projet a évolué vers les romans de gare."

Un cadavre sur le champ de bataille

images.jpgUn meurtre dans un polar, soit. Mais pourquoi à Waterloo ? "Parce que je connais la ville et parce qu'on en parlera encore lors du bicentenaire en 2015", ironise-t-il. "Cest ma femme qui m'a suggéré de mettre un cadavre dans le Panorama." Baronian a donc arpenté les différents quartiers de la commune car il a besoin de voir et de sentir les lieux, les cités présents dans ses livres.

Pour ses romans, l'écrivain ne fait pas de plan mais part d'une tonalité. Son schéma est élémentaire : commencement-développement-chute, un peu sur le mode de la dissertation. Ce qui dévoile le récit, c'est le fait d'écrire une histoire qui le captive, mêlant tension, drame, intrigue, mystère. Il en va de même pour ses romans policiers : il s'y déroule simplement une histoire. "D'ailleurs, au début de ma carrière, affirme-t-il, je ne me rendais même pas compte que j'écrivais un polar."

Selon Baronian, trois types de points de vue transparaissent dans le roman policier : celui, classique et le plus répandu, de l'enquêteur ; celui du gangster, du tueur et enfin le point de vue le plus intéressant à ses yeux, celui de la victime. Philippe Goffe fait remarquer que le roman policier a explosé depuis quelques années, qu'il est devenu un genre noble où l'aspect narratif a pris une grande importance.

Le polar compte de grands écrivains

Jean-Baptiste Baronian souligne que ce n'est pas nouveau : le roman policier ou le thriller n'ont jamais été des genres mineurs. Le Britannique Gilbert K. Chesterton est un grand écrivain tout comme son compatriote Eric Ambler. Simenon l'éblouit par l'épaisseur de ses personnages au point que Baronian a relu 3 ou 4 fois tous les romans du Liégeois. Ayant tenu une chronique littéraire pendant 35 ans dans le Magazine Littéraire, Baronian a eu le temps de se faire une opinion assez tranchée sur l'évolution du roman policier. 

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D'abord, le roman policier n'est pas une spécialité anglo-saxonne. Il y a par exemple beaucoup de bons romans policiers qui paraissent en Allemagne mais ne sont pas traduits en français. Les romans nordistes par contre lui tombent des yeux. Il estime aussi qu'aujourd'hui on publie beaucoup trop de mauvais romans policiers. Et de citer Fred Vargas ou Patricia Cornwell.... Il n'aime pas trop non plus l'écrivain flamand Pieter Aspe et ne suit pas les nouveaux auteurs de polar indiens ou chinois.

Typologie

L'invité de Graffiti juge pertinente la typologie du roman policier du magazine Lire : le roman d'énigme ; le thriller d'espionnage, de politique-fiction, de finance-fiction, à suspense ; le roman noir (Jean-Patrick Manchette) ; le polar historique (Jan Gulinck, Anne Perry, Ellis Peters) ; le polar fantastique (Stephen King)  et le polar des grands espaces. Quand on lui demande le top de ses auteurs de polars, Baronian répond prestement : Dennis Lahane (Mystic River) et Henning Mankell.

Pour conclure sur un autre registre, Jean-Baptiste Baronian se plaît à évoquer deux des souvenirs les plus marquants de sa longue vie littéraire : l'achat de son premier livre avec son argent de poche, Les Fleurs du mal, et son extraordinaire expérience éditoriale chez le grand éditeur verviétois Marabout qui dans les années septante, sortait 30 à 40 livres... par mois ! TdG 

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