SCOOP : LES EXTRAITS DU NOUVEAU LIVRE SUR LE PRINCE LAURENT !

Coïncidence ou calcul : deux livres sortent en même temps sur la famille royale de Belgique

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Avant même sa publication par les éditions Jourdan de Waterloo, Sudinfo Waterloo est parvenu à se procurer le manuscrit intégral (écrit en Word) du livre Laurent. Le pécheur de Laeken à propos du prince Laurent de Belgique. Son auteur flamand, Mario Danneels, avait révélé en 1999 dans Paola. Van "la dolce vita" tot konigin l'existence de la fille cachée d'Albert II, Delphine Boël.

Le lépreux ou le pestiféré ? Aucun

C'est une biographie tourmentée du fils cadet du roi que livre Danneels. Il passe en revue l'enfance de Laurent, ses relations familiales, ses études, ses stages, son mariage avec la princesse Claire, ses ennuis avec la justice, ses voyages controversés.

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Au départ, l'éditeur Jourdan avait hésité entre le lépreux ou le pestiféré de Laeken comme titre avant finalement d'en revenir à la traduction pure et simple du titre en néerlandais Laurent. Zondaar van Laken, soit Laurent. Le pécheur de Laeken.

Exclusivité Sudinfo Waterloo !

Votre blog favori est le premier et le seul média à proposer les débuts de tous les chapitres de l'ouvrage. Reproduire un livre en entier est un travail de titan pour lequel un blog n'est pas adapté. Et surtout, cela ne participe en rien à la promotion du livre en version papier dont il faut défendre la cohabitation à côté des versions dématérialisées.

Au contraire, si les extraits ci-dessous vous interpellent, vous intéressent ou aiguisent votre curiosité, allez acheter Laurent. Le pécheur de Laeken chez Graffiti, la meilleure librairie indépendante du Brabant wallon occidental sise à Waterloo. Waterlootoises aussi sont les éditions Jourdan qui ont judicieusement négocié le droit de publier la version française de l'opus de Mario Danneels.

Bonne lecture.


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1 - Laurent au Congo 

« J'ai déjà tant donné par le passé. J'ai atteint le point de saturation » Laurent 

 «  Je trouve que maintenant, cela suffit, d'accord ? Au travers de mon mari, vous blessez également trois enfants. Ces insinuations sont fausses. Donc, si personne n'a de questions sur ce projet, passons à la visite des conteneurs ».

L'intervention de la princesse Claire, faite d'une voix tremblante, était une première dans les annales de la famille royale.

Le 6 décembre 2011, pendant une conférence de presse de la Fondation Prince Laurent, les larmes aux yeux, elle s'empara du micro pour mettre un terme à un déferlement de questions critiques qui visaient la vie du prince Laurent.

Présents en masse, les médias n'avaient témoigné que peu d'intérêt pour une initiative pourtant louable, qui devait permettre aux sans-abris et à leurs animaux de compagnie de trouver refuge dans des conteneurs de chantier, installés près de la gare Centrale de Bruxelles, pendant les durs mois d'hiver.

Les journalistes, quelque peu déconcertés, applaudirent même un bref instant le courage de la princesse qui tira son mari, tout aussi surpris, par la manche, en direction des refuges.

Après avoir été, pendant huit années souvent agitées, un modèle de discrétion et de décence, l'impact sur ses enfants fut le déclencheur qui lui fit quitter un instant  sa réserve.

Dans la foulée d'un reportage de la RTBF consacré à Laurent, qui avait rendu la fin de son « annus horribilis » encore plus pénible, sa fille Louise, âgée de sept ans, avait lu à la Villa Clémentine un article consacré à la face cachée du prince Laurent. La petite princesse, qui ne comprenait pas, avait demandé à sa mère, choquée ; « Quelle est la face cachée de papa ? ». (...)

 

2 - Dolce Paola et Papillon

« Comme n’importe quel bébé, je suis né d’un père et d’une mère. Mon titre est venu ensuite. La perception que je fais partie d’une famille royale ne m’est venue qu’à partir de mes trois ans. » Laurent 

« On connaît la blague qui circule à propos de la naissance de Laurent : Albert et Paola ont chacun au moins trois enfants, mais pas nécessairement ensemble ». Le journaliste politique Luc Van der Kelen évoque cette boutade pour éclairer sa première rencontre avec Laurent, lors de l’ouverture du dispensaire pour animaux des Marolles, en décembre 1996. « Il a tout de suite commencé à parler de sa vie, de la Cour, de son père, jusque dans les détails les plus fantastiques, certains parfois scabreux. Il ne m’avait jamais vu, mais il fut d’emblée comme un livre ouvert, et accorda toute sa confiance à un journaliste tel que moi. L’une des questions qui agitait alors Laurent était :  ' Suis-je bien le fils de mon père ? ' Il vivait donc avec ce doute qui ne l’a jamais quitté, et qui le tarabuste encore. Même si entre-temps, il est parfaitement évident qu’il est l’enfant de son père ». (...)

 

3 - « J’étais un enfant solitaire. J’ai pu beaucoup réfléchir » 

« Vous savez comme les enfants peuvent être durs. Dans ma position, ce n’était de toute façon pas facile d’arriver dans une école ». Laurent 

Le chemin de croix que deviendrait finalement le parcours scolaire du prince Laurent débuta en 1970 par son inscription au collège Saint-Michel à Etterbeek, une école de jésuites francophone qui « pouvait se targuer d’une fréquentation distinguée », selon Daniel Nijs, un professeur de néerlandais du prince Philippe. « Nous avons vu passer ici les princes d’Arenberg, un prince de Mérode et aussi quelques archiducs d’Autriche ». Le frère de Laurent, le tout premier membre de la famille royale belge à être envoyé dans une école publique, y avait entamé quatre ans plus tôt son enseignement fondamental. Même pour sa tante Esmeralda, âgée de seulement trois ans et demi de plus que Philippe, qui n’était pas une princesse héritière, mais la plus jeune fille issue du deuxième mariage de Léopold III, et dont les enfants n’entrent même pas en ligne de compte pour la succession au trône, un enseignement privé au château d’Argenteuil avait été primitivement prévu, dans une petite classe composée de condisciples soigneusement sélectionnés dans les meilleurs milieux. Le prince Albert expliqua la rupture avec cette tradition familiale au début du parcours scolaire de Philippe en 1966 : « Je veux absolument que mon fils reçoive une éducation normale. Mon épouse et moi avons décidé de l’envoyer dans une école ordinaire dès sa première année. Il va ainsi rencontrer d’autres garçons et apprendre qu’il faut se battre dans la vie. Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point il est difficile d’entrer en contact avec les autres à un âge tardif, comme ce fut le cas pour moi ». (...)

 

4 - Au nom du père, du fils et du saint oncle 

« Je ne suis pas spécialement un grand catholique, mais j’ai étudié la Bible. Même Jésus supportait mal d’être seul dans le désert. Pour moi, c’est très frappant. » Laurent 

Le 16 septembre 1960, château de Ciergnon dans les Ardennes namuroises. Peu avant midi, le roi Léopold III et la princesse Lilian sont intrigués par un nuage de poussière qui s’approche, provoqué par deux limousines de la Cour. Le souverain, qui avait abdiqué dix ans plus tôt, et sa controversée deuxième épouse se demandent ce que cette visite impromptue signifie. Un moment plus tard, deux nobles dames espagnoles descendent de la première voiture : doña  Blanca de Aragón y Carrillo de Albornoz et sa fille Fabiola. Dans la deuxième limousine se trouve le roi Baudouin, qui demande à son père et à sa belle-mère de s’asseoir autour de la table et d’écouter ensemble la radio. « Après le journal de midi, on entendit tout à coup retentir l’hymne national », raconte Herman De Croo qui fut, jusqu’à la mort de Lilian qui lui a donné sa version des faits, un confident attentif.

 « Léopold sursauta en entendant Gaston Eyskens annoncer que le Roi était fiancé. Lilian et lui n’en savaient strictement rien ». Le porte-parole du Palais, Claude de Valkeneer, venait d’arriver à Ciergnon après avoir été prié par télégramme, sous de vagues prétextes, d’écourter les vacances qu’il passait dans le sud de la France. Il ne disposait même pas d’une photo de la fiancée, qu’il aurait pu distribuer à la presse. « Vous êtes le premier Belge que je vois, et qui sait que je vais devenir sa reine », sourit Fabiola à son adresse, quand il vint la chercher pour paraître sur le perron du domaine ardennais de la famille royale, devant les photographes rameutés en hâte. (...)

 

5 - Laeken, « cet endroit certainement très ennuyeux où l'on perd facilement la raison »

« Savez-vous ce que les Sultans turcs faisaient avec leur deuxième fils ? Ils les faisaient jeter, du haut d'un rocher, dans l'eau pour qu'ils ne deviennent pas une menace pour la succession au trône. Mais, dans mon cas, tout cela serait vain parce que je suis suffisamment gras... donc je flotte! » Laurent 

Le château du Belvédère est situé à un petit kilomètre de l'ancienne caserne Sainte-Anne, sur la drève éponyme, ce qui représente une balade de quinze minutes. Le château de Laeken est encore plus près, littéralement de l'autre côté du mur qui entoure le parc royal. De nos jours, pour la plupart des habitants, « l’École des cadets » ne représente plus que l'arrêt du bus 53. Mais, jusqu'en 1991, ces murs abritaient effectivement l'École royale des cadets, une pépinière pour candidats à la carrière militaire. Onze ans avant le départ de la dernière promotion d'élèves, le prince Laurent y fut inscrit, dans l'espoir que la discipline qui y régnait lui permettrait d'obtenir son diplôme de l'enseignement moyen supérieur. Pour inverser la tendance, il put continuer ses études en français, bien que l'école insistât notamment sur l'enseignement intensif de la seconde langue nationale. (...)

 

6 - « Monsieur Bogaerts est-il là? » 

Cela m'attriste énormément que quelqu'un que j'ai eu autant de plaisir  à voir parle de moi de cette façon. Laurent 

Après le fiasco de l'École des Cadets, Rudy Bogaerts reçut, mi 1981, un appel de Michel Didisheim, le chef de cabinet du prince Albert. Bogaerts était le directeur et propriétaire de la Brussels School à Uccle. Selon les termes de son vieil ami, l'homme d'affaires Aldo Vastapane, on y donnait des cours « à des fils de familles riches qui ne veulent pas étudier[i] ».« Soyons clairs : il s'agissait d'une boîte à bacs pour gosses de riches[ii] », plaisante John-Alexander, le fils aîné de Bogaerts.

Une série de professeurs privés avaient été évalués et examinés, à la demande du Palais, jusqu'à ce qu'il ne reste que Rudy Bogaerts. Il avait déjà accompagné dans leurs études les fils de Didisheim : « Ce fut une collaboration heureuse », affirma Bogaerts. « Ils avaient présenté le Jury Central avec des résultats positifs. Grâce à notre école, ils avaient obtenu leur diplôme de l'enseignement secondaire. Le prince Laurent n'avait pas encore dix-huit ans quand Michel Didisheim me demanda un rendez-vous. Albert avait des « problèmes » avec Laurent, me dit-il[iii].

Le brillant intellectuel Rudy Bogaerts avait à peine 25 ans quand il fonda la Brussels School en 1970 dans sa commune natale d'Uccle, dans l'ancien centre culturel des AG, situé en bordure de la forêt de Soignes. La petite et exclusive école privée voulait offrir une alternative aux humanités régulières à la frange de la jeunesse dorée qui était à la traîne. (...)

 

7 - « J’ai un caractère difficile »

« On a essayé de m’enfermer, comme un chien dans une cage, mais je me suis libéré ». 

Entre-temps, il s’était produit au château du Belvédère ce qu’on allait appeler, non sans un soupçon de cynisme, le « miracle ». Après 1980, les visites bi-hebdomadaires d’Albert à Sybille de Selys-Longchamps et à leur fille Delphine à Londres se firent plus sporadiques. Deux ans plus tard, la maîtresse royale fit un deuxième mariage de raison : le 14 mars 1982, elle épousa à Villers-la-Ville l’honorable Michael-Anthony Rathborne Cayzer, un veuf de 21 ans son aîné et père de trois enfants, un descendant de la noble famille britannique des barons de Rotherwick of Tylney, un richissime magnat de la Marine marchande et de l’aviation. Jusqu’à la mort de ce dernier en 1990, le couple vécut alternativement à Londres et dans le majestueux domaine de Cayzer, mais selon Delphine, ce fut un mariage malheureux. Comme celui de Sybille avec Jacques Boël, il était surtout destiné à combler le vide de l’image paternelle. Le prince Albert, écrit Delphine, « ne m’avait pas complètement oubliée. Il m’envoyait des cadeaux ». Même après 1984, alors que tous les contacts avec sa mère étaient rompus. « Il s’était réconcilié avec Paola. Ils avaient fêté religieusement leurs vingt-cinq ans de mariage. L’histoire d’amour d’Albert et Sybille avait duré seize ans ». (...)

 

8 - Le lépreux de Laeken

« Je ne suis pas amer. On a insinué que j'aimerais monter sur le trône. Cela est totalement injuste. Je ne recherche pas le pouvoir, cela ne m'intéresse pas. Mais j'estime qu'il doit y avoir plus de transparence sur le processus de décision ». Laurent 

« L'Université franciscaine de Steubenville ? Je ne sais pas d'où cela provient[i] », réagit la Cour à la demande faite de lever un autre pan caché de la biographie officielle du prince Laurent, fournie par le Palais, au sujet de sa formation en Amérique. Le document ne mentionne que des stages suivis par le Prince aux États-Unis « dans diverses entreprises privées », « une fois terminée sa formation militaire[ii] ». Celle-ci se situe, de façon assez vague et toujours selon le CV sélectif, dans le courant de la deuxième moitié des années 1980, alors que la biographie du prince Philippe n’occulte pas les données précises de sa carrière militaire et de ses études universitaires.

Les stages dont le Palais fait mention couvrent pourtant une période d’un an et demi, au début des années 1990. Dans une interview accordée au plus grand journal de Belgique, Laurent dit lui-même : « J’ai étudié et travaillé pendant quatre ans en Amérique » – une  période pendant laquelle il apprit à connaître la société américaine de façon suffisamment approfondie pour formuler un jugement qui fut tout, sauf élogieux : « On n’y trouve aucune harmonie, mais la guerre. Cela peut paraître avoir une connotation socialiste, mais la compétition, la lutte y dominent la vie en société. Et ce n’est pas ce que je cherche ». (...)

  

9 - Mon royaume pour un chien 

« Depuis que ma famille existe, je suis le premier à être chômeur » Laurent

La dépression et autres problèmes de santé mentale ne sont pas étrangers aux membres de la famille royale. Dans le cas extrême, tragique, de la première princesse de Belgique, Charlotte, ces problèmes ont dégénéré en folie. La fille du roi Léopold Ier et de la reine Louise-Marie, avait épousé l’archiduc Maximilien d’Autriche, auquel fut offert le trône impérial du Mexique, qu’il accepta. Aux alentours de ses 25 ans, avec l’effondrement de l’empire mexicain, près de deux ans après son couronnement, Charlotte commença à montrer des signes de paranoïa. Elle était sujette à des crises d’hystérie et déjouait des complots ourdis pour l’empoisonner. De retour en Europe, son frère, le prince Philippe, la fit examiner par des psychiatres qui la déclarèrent folle. Quand l’empereur Maximilien apprit la nouvelle au Mexique, quelques mois avant son exécution, il décrivit « l’infini chagrin qui ruine ma santé depuis que je connais cette terrible vérité[i] ». Au cours des soixante années suivantes, l’impératrice Charlotte allait vivre complètement recluse à Tervueren et à Meise où elle continua à être victime de psychoses.

« J’allais lui rendre visite au château de Bouchout avec mes parents à l’occasion de son anniversaire » se souvient le roi Léopold III. « Aucune conversation n’était possible avec elle. Elle se taisait comme un enfant boudeur ou essayait de jeter toutes sortes d’objets à la tête de ses visiteurs ». (...)

 

10 - Un prince populaire

« Je me dis parfois : je vais mettre un bleu de travail, une cigarette en bouche, et je vais poser des pavés. Regardez cet homme-là, avec sa casquette, n’est-il pas beaucoup plus heureux que moi ? » Laurent

Le 1er juillet 1994, le prince Laurent quitta le domaine de la famille Solvay à La Hulpe pour emménager à Tervueren, où les travaux dans la villa que le roi Baudouin avait fait construire pour lui touchaient à leur fin. Sa première résidence permanente en dix ans était sise avenue de Jezus-Eik, dans la forêt de Soignes. Laurent lui donna le nom de Villa Clémentine, en hommage à la plus jeune fille du roi Léopold II et de la reine Marie-Henriette. Selon ses propres dires, il trouvait sympathique la nature rebelle et contrariante de Clémentine. C’est assez étrange, car elle fut la seule des trois filles de Léopold que le souverain n’avait pas déclarées persona non grata, en raison du fait qu’elle se pliait à ses désirs, souvent impitoyables. Au contraire de ses deux sœurs aînées, Clémentine ne prit pas le risque de s’opposer à la volonté de son père pour l’homme qu’elle aimait. Elle préféra passer sa vie à se montrer béatement partout aux côtés de Léopold II, telle une reine de substitution. Ce n’est qu’après la mort de son père qu’elle épousa, moins d’un an plus tard et après vingt ans d’attente, Victor Napoléon, le prétendant bonapartiste au trône de France. (...)

 

11 - La fureur de vivre 

« A l’intérieur de tout prince et de tout homme sommeille à la fois quelque chose d'un gangster et quelque chose d'un futur roi ». Laurent

A l’automne 1955, l’acteur James Dean incarna le jeune Américain Jim Stark, prisonnier d’un père indécis et d’une mère autoritaire. Son interprétation provoqua une véritable révolution à Hollywood et dans le monde entier. Habillé d’un jeans, d’une chemisette blanche et d’un mémorable blazer rouge, il prenait son père à la gorge lors d’un accès de frustration. Dans une autre scène il exprimait, en hurlant, l’angoisse de millions d’autres ados américains : « You’re tearing me apart » (Vous me déchirez !). Avec un flair et une présence incomparables, avec une émotion brutale jamais encore portée à l’écran, l’acteur James Dean incarnait son propre rôle et faisait entrer le film Rebel without a cause (La fureur de vivre) dans l’éternité.

Près de quarante ans après cette révolution cinématographique, Laurent, qui n’était plus un ado mais demeurait tourmenté par les irréductibles démons de ses trente premières années, ne manquait jamais une occasion de jeter le discrédit sur sa famille. Lors de réceptions et de visites de travail, il parlait librement avec des journalistes qu’il ne connaissait pas nécessairement. Dans des interviews non autorisées par la Cour, le Prince suscitait de plus en plus sciemment des conflits ouverts avec la « Grande Maison », comme il appelait le Palais. Ainsi, il essaya de convaincre Luc Van Der Kelen,   que le roi Albert n’obtenait pas de Jean-Luc Dehaene, Premier Ministre de l’époque, une connexion Internet « parce qu’il pourrait communiquer directement avec les citoyens ». Il ne lui était donc pas possible de surfer de temps à autre sur le web. « Il n’arrêtait pas de s’en prendre à son père, à tout ce qu'il faisait et disait : Mon père se fait marcher sur la tête par Dehaene ; ce fut ensuite au tour de Verhofstadt », soupire Van Der Kelen. « Il ne mentionnait presque jamais la Reine, comme si elle n’existait pas dans son monde. Quand il mentionnait sa mère une fois, il avait déjà parlé dix fois de son père. » (...) 

 

12 - « Ce serait bien que la situation de mon fils soit réglée… »

« Mais je travaille dur ! De nombreuses personnes pensent que je ne fais rien, mais j'ai un agenda très chargé. Je travaille sept jours sur sept. Un prince n'a pas droit à des vacances. Je suis le premier membre de la famille royale à avoir développé des initiatives concrètes pour la développement de la communauté de mon pays. Hélas, la presse ne le mentionne pas assez ». Laurent

Le 4 novembre 1999, le prince Philippe épousa Mathilde d'Udekem d'Acoz. Quelque temps plus tard, Laurent évoqua l'émotion ressentie lorsque son frère lui murmura au moment de quitter la cathédrale : « Maintenant, c'est à ton tour ![i] » Mais quelques semaines après les fiançailles, et selon sa « bonne » habitude, il s'exprima rudement dans la presse sur les conséquences de l'agréable nouvelle. En effet, le Gouvernement avait attribué au prince héritier une allocation unique de dix millions de francs (près de 250.000 euros) pour contribuer aux frais de son mariage. De plus, sa dotation annuelle était portée à 33,8 millions de francs (788.300 euros) : ce doublement devait permettre à Mathilde d'assumer ses tâches de princesse. Dans la foulée, pendant ce moment de ferveur nationale qui entoura l'annonce du mariage, une dotation de 11 millions de francs (272.600 euros) fut attribuée à la populaire princesse Astrid. Celle-ci allait rapidement céder à Mathilde le rôle d'étoile de la maison royale, mais accomplirait dans l'ombre et sans se plaindre des missions moins représentatives. Interrogé par La Dernière Heure, Laurent se déclara «surpris» par l'allocation octroyée à Astrid. Le Premier Ministre Guy Verhofstadt justifia la décision gouvernementale en affirmant que la Princesse n'avait pas seulement de nombreuses activités au service de la monarchie, mais que, contrairement à son frère cadet, elle devait également entretenir toute une famille. « C'est toujours la même chose, j'ai pourtant autant de valeur que les autres », aurait confié le Prince à des intimes pour exprimer sa frustration. (...)

 

13 - Boston, 11 septembre 2001 : comment le prince Laurent a compromis son avenir

« J’en appelle au monde universitaire et académique pour envoyer un signal au gouvernement : tout ce matérialisme, voyez ce que ça donne ». Laurent 

Une décennie plus tard, le ministre du Budget de l’époque et vice-premier socialiste, Johan Vande Lanotte, déplorait l’arrêté controversé: « La demande du Palais d’attribuer une dotation à tous leurs enfants n’était pas intelligente. Nous avons eu tort de répondre à celle-ci. Nous n’aurions pas dû le faire. C’était une mauvaise décision et je la regrette. Nous pensions simplement pouvoir mieux les circonscrire de cette manière[i] ».

Le 30 mai 2000, après son frère et sa sœur, le prince Laurent avait prêté serment comme Sénateur de droit. Au cours de l’histoire de la Belgique, c’était la toute première fois que tous les enfants du chef de l’Etat faisaient usage de cette prérogative constitutionnelle. Pourtant, deux ans plus tôt, le Prince avait répondu négativement à la question de savoir s’il avait l’intention de siéger au Sénat : « Mais ça, je ne peux pas en parler[ii] ». « L’idée d’un siège sénatorial était un peu un stimulant », raconte Herman De Croo. « Il n’est pas devenu sénateur tout de suite, nous avons attendu que les élections soient terminées[1]. En ce qui concerne l’attribution de ce siège, ni Jean-Luc Dehaene, ni Louis Tobback ni moi-même n’y sommes étrangers ». (...)

 

14 - « Ce gentil beau prince »

« Je déteste les filles importunes qui essaient d’atteindre leur objectif par l’exploitation de leur féminité. Cela leur fait perdre cette magie typique des femmes. Je trouve cela vraiment dommage ». Laurent

« Les femmes ont toujours été l’obsession de Laurent », écrit Bogaerts dans le manuscrit qu’il était en train de rédiger avant sa mort, et qui fut affublé d’un titre prometteur et alléchant : Qui a tué le roi Baudouin ?   « Les garçons dont les parents sont séparés sont le plus souvent si privés d’affection, que les filles préfèrent se tenir à distance. Chez Laurent, cela a donné lieu à des scènes tragi-comiques[i] ». Son vieux mentor et professeur évoqua maintes fois, dans des interviews, le caractère exigeant et obsessionnel des amours adolescentes de Laurent, qui le conduisait à poursuivre des filles de manière fougueuse et désespérément maladroite, même lorsqu’elles se moquaient de lui jusqu’à l’humilier. John-Alexander, le fils de Bogaerts, fit la connaissance du Prince quand il était adolescent, alors qu'il logeait souvent dans sa famille. Il précise que Laurent était « drôle » et parfois « beaucoup trop gentil» avec les filles qui lui plaisaient, et « qu’il s’est plus d’une fois pris un rateau[ii] ». De plus, comme l’affirment le père et le fils, le naïf Prince rencontrait de nombreuses mères malignes, qui voyaient déjà leurs filles s’avancer vers l’autel avec le voile de mariée de la grand-mère de Paola. (...)

 

15 - Au Claire de la lune

« Je suis normale, mes enfants sont normaux » La princesse Claire 

« Je leur donne trois ans », grogna un commentateur à la fin de la retransmission en direct du mariage du prince Laurent et de la toute nouvelle princesse Claire, avec qui il avait eu l’occasion de parler. Selon un livre de Brigitte Balfoort consacré à la reine Fabiola, il s’en est fallu de peu que le mariage n’ait duré aussi longtemps : « La veuve du roi Baudouin éprouve beaucoup d’admiration pour Claire. Cette princesse n’a pas la vie facile avec un époux comme le sien, qui peut parfois se montrer agressif, même envers elle. Au printemps 2005, leur mariage fut relancé, lorsque Claire s’aperçut qu’elle était enceinte de jumeaux. Depuis lors, elle a tout fait pour préserver son couple, au grand soulagement de la famille royale. Depuis 2007, les temps sont difficiles pour la monarchie. Plus la perspective d’un divorce s’éloignait, mieux ils se sentaient. Il est également significatif que Philippe et Mathilde aient choisi leur belle-sœur Claire comme marraine de leur quatrième enfant Eléonore[i]. Je suis tout à fait certaine de cette histoire », déclara la journaliste lors de sa publication. « Maintenant, les choses vont d’ailleurs mieux dans le couple. Toute la famille royale éprouve de l’admiration pour Claire. Nous connaissons Laurent, il a des problèmes avec lui-même et avec le monde, et même le Palais ne cherche plus à dissimuler qu’il ne sait pas comment s’y prendre avec lui. Claire pourrait sûrement avoir une vie plus facile, mais elle a choisi de rester auprès de Laurent ». (...)

 

16 - Tempérament italien, flegme anglais

« Les enfants, tu dois en prendre soin, les mettre en avant et ne pas les rabaisser » Laurent

« Je suis très fier d'elle. Je ne pensais pas qu'elle y parviendrait » déclara, rayonnant, Nicolas Coombs, six semaines après le mariage. Lors d'une « joyeuse entrée » informelle de Laurent et de Claire à Chaumont-Gistoux, la commune où a grandi la nouvelle princesse, il confia : « C'est vraiment une nouvelle vie[i] ».

« Ecrivez-le, Monsieur, Claire devient une grande dame ; elle apparaît sérieuse quand il le faut, et sourit quand elle le peut. Elle est une princesse parfaite[ii] », déclara un habitant du village. Si parfaite qu'au bout de dix mois, elle s’était acquittée de la tâche principale d'un membre féminin de la famille royale : allonger la liste de succession au trône. « Vous savez, j'ai déjà 40 ans, et les 'cheveux gris' qui ont de jeunes enfants, cela pose toujours des problèmes[iii] », plaisanta le Prince quelques semaines après son mariage.

Lorsque, le 6 février 2004, à la mi-journée, Claire fut admise à l'hôpital universitaire Saint-Luc de Woluwe-Saint-Lambert, il n'y avait plus beaucoup de mystère autour de la naissance de l'aînée du couple princier. Durant la grossesse, le père Gilbert avait déjà révélé qu'elle attendait une fille. Le futur père annonça lui-même qu'elle s'appellerait Louise-Marie, en mémoire de trois illustres dames : la première reine du pays, la compatissante « ange des Belges», la moins angélique fille aînée de Léopold II, qui suscita plus de scandales en son temps que Laurent n'a jamais osé en rêver, et sa grand-mère Luisa Ruffo di Calabria. (...)

 

17 - Des sornettes 

« Comme tout bon chef de famille, je fais attention à mes dépenses, c’est évident ». 

« Laurent de Belgique, né à Bruxelles le 19/10/1963, qui nous déclare en néerlandais :

Je désire m’exprimer dans la langue néerlandaise. Je prends connaissance de votre qualité et de la mission du Procureur du Roi de Hasselt. Je me suis déjà présenté ce soir à la Guffenslaan à Hasselt pour une audition. Je vous ai communiqué n’avoir aucune objection à ce sujet. Je demeure à Tervueren, Jezus Eiklaan 166, et ce depuis 1993-1994. Cette habitation a été mise à ma disposition par le roi et est la propriété de la Donation Royale.

Vous me demandez ce que je désire déclarer en ce qui concerne les travaux de rénovation et les livraisons relatifs à la maison que j’habite. Avant tout, je veux vous signaler que je n’ai pas voulu faire de commentaires jusqu’à présent par respect pour le tribunal et pour toutes les parties concernées.

Vers 1993, mon père, le Roi, et la Cour ont désigné un officier, monsieur VAESSEN Noël, pour être mon conseiller. Sa tâche consistait notamment à me donner des conseils, s’occuper de l’intendance et de la gestion de mes affaires. Monsieur VAESSEN a constaté que le bâtiment était presque totalement sans meubles et il a voulu trouver une solution pour moi. J’avais moi-même des moyens insuffisants pour mener une vie convenable dans cette maison. Quand l’homme de confiance qui m’a été indiqué par le Palais et en qui j’avais totalement confiance m’a dit que la Marine prendrait à sa charge les frais d’aménagement du bâtiment, je n’avais aucune raison de mettre en doute l’honnêteté de monsieur VAESSEN. (...)

 

18 - « La devise de la Belgique est L'union fait la force. Ce n'est pas celle de toutes les familles belges »

« Vous savez, mon père ne m'a jamais accordé de vraie reconnaissance. Il y a un problème avec lui : il ne m'aime pas ». Laurent 

« J'ai été très étonné de ne pas te voir participer aux man?uvres du corps de cavalerie au camp de Beverlo, ou au moins à la revue des troupes de ce matin. Ton absence m'a laissé une pénible impression. Je crains que tu ne souhaites te distinguer et te soustraire à tout devoir, que tu ne veuilles t'écarter des traditions de travail et de dévouement qui sont celles de notre famille depuis plus d'un siècle. Tu es inscrit à l'Etat-major actif du régiment des Guides et tu ne te présentes même pas à la revue du régiment par le chef de l'Etat.

Crois-moi, tu es sur la mauvaise voie. Tu ne veux plus participer aux
manifestations nationales et nous ne pouvons presque jamais compter sur toi pour nous remplacer aux obligations que nous ne pouvons pas remplir nous-mêmes. Je comprends très bien que tu aurais préféré ne pas être prince, mais tu es en contradiction avec toi-même en bénéficiant des prérogatives de ton statut et en jouissant de tous les avantages que peut apporter la position d'un prince belge.

Il va de soi qu’il ne t'est pas difficile de trouver du soutien dans certains milieux, ou de l'approbation parmi tes intimes. Ceux qui s'opposent à ceux qui exercent les plus hautes fonctions flattent volontiers les benjamins. J'ai également été le cadet et je sais comment cela fonctionne. Je doute toutefois que tu puisses trouver de cette manière une libération durable et digne, que te valent tes indiscutables mérites personnels. Voilà tout ce que je voulais t'écrire, cher Charles, peut-être voudras-tu y réfléchir un peu ? C'est ce que je souhaite le plus ». (...)

 

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