Wendy, chasseuse d'étoiles dans l'enfer blanc !

Depuis le 3 décembre 2012, des scientifiques belges explorent le pôle sud. Mission : collecter les bolides du cosmos qui arrosent la planète bleue 

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"Wendy, que la force soit avec toi !"

Vous l'ignorez sans doute mais votre jardin est probablement parsemé de (micro) météorites difficiles à distinguer de cailloux ordinaires. C'est pourquoi des territoires vierges comme l'Antarctique sont propices à la découverte des corps stellaires tombés sur la Terre.

L'étude du matériel extraterrestre s'écrasant sur notre planète (40.000 t par an) aide les chercheurs à mieux comprendre la formation et l'évolution du système solaire, des planètes (y compris la Terre), des astéroïdes et des comètes. Cette évolution s'étale sur 4,5 milliards d'années.

SAMBA sur la glace

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Depuis début décembre, l'équipe SAMBA (Search for Antarctic Meteorites, Belgian Approach) de l'ULB et la VUB  explore, en compagnie de trois collègues japonais, le champ de glace bleue de Nansen. Celui-ci est situé au sud de la station belge Princesse Elisabeth construite en 2008 à l'initiative d'Alain Hubert entre autres.

Poils recyclés

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La station Princesse Elisabeth est dite "zéro émission" car elle utilise les énergies solaire et éolienne et recycle tous ses déchets. Au point que les hommes doivent se raser au-dessus d'un récipient recueillant leurs poils de barbe pour les recycler sans les disperser dans l'environnement antarctique ! Il en va de même pour se laver : chacun a droit à quatre pressions sur la commande du pommeau de douche !

Une Waterlootoise candidate à la chasse

La Waterlootoise Wendy Debouge fait partie des cinq universitaires du projet SAMBA. Agée de 32 ans, mariée, elle a fait ses études primaires à l'école communale du Chenois. Elle a poursuivi son cursus secondaire à l'athénée royal de Waterloo.

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Wendy Debouge au centre

Après sa rhéto, elle opte pour un graduat en chimie de l'environnement qu'elle accomplit à l'Institut Paul Lambin à Bruxelles. Diplôme en poche, elle est engagée dans le département de géologie de l'ULB. Elle y analyse des cailloux et des météorites de provenances diverses.

La participation de Wendy Debouge à la mission en Antarctique, à 13.500 km de Waterloo, est un peu due au hasard. En effet, à la suite de la défection d'un collègue, elle s'est portée candidate et a été retenue pour partir à la chasse aux cailloux de l'espace.

Préparatifs

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La Waterlootoise assise sur son ski-doo

Après quelques péripéties, Wendy et ses collègues belges sont arrivés à la station Princesse Elisabeth. Ils y reçoivent un entraînement de sécurité : marcher sur la glace avec des crampons, extraire un blessé tombé dans une crevasse et prévenir l'hypothermie et les gelures (principal conseil : ne jamais attraper froid !). Ils ont aussi appris comment utiliser et réparer les ski-doos (motoneiges).

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Les préparatifs terminés, les prynoths (camions de neige), conduits par Alain Hubert et ses hommes, ont transporté les containers du camp de base à 140 km de la station. Trois jours plus tard, Wendy et ses collègues ont suivi en ski-doos : un voyage de sept heures par -20°C mais à cause du vent, la température ressentie descend effectivement à -36°C. Et dire que c'est l'été !

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Un bout de Mars ?

A partir du 27 décembre, la chasse aux météorites a réellement commencé dans des conditions de travail dures : altitude, froid et vent sont en effet de la partie. Mais les efforts sont récompensés : des dizaines de fragments venus du ciel sont récoltés. Le 11 janvier 2013, Wendy Debouge a même découvert une météorite très spéciale de 6,5 kg. Proviendrait-elle de Mars ?

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Le 15 janvier, Alain Hubert et ses équipiers ont déménagé le camp de base de SAMBA à l'est du plateau de Nansen. Ils en ont profité pour apporter du carburant et de la nourriture dont du chocolat belge. Une tempête de neige intense empêche cependant les chasseurs savants de poursuivre leurs recherches.

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Douche à la lingette

Dans le container où ils séjournent, l'ambiance reste bonne malgré des conditions de vie rudimentaires. Comme il n'y a pas de douche, on se lave au moyen de lingettes humides et recyclées bien sûr. Leur attente est récompensée puisqu'ils dégotent le 28 janvier un énorme météorite (chondrite) de 18 kg.

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Quelques jours plus tard, le deuxième camp de base est rapatrié à la station Princesse Elisabeth. L'aventure scientifique, pour éprouvante qu'elle fût sur les plans physique et mental, s'avère être un succès. Au total, l'expédition SAMBA a rapporté 423 fragments de corps stellaires. Mais quelle est leur origine mystérieuse ? C'est le travail qui attend les cinq membres de la mission : de chasseurs d'étoiles, ils vont redevenir scientifiques et... retomber sur Terre.

Philo polaire

Après une escale au Cap, Wendy et ses amis sont attendus à Bruxelles ce 12 février. Leur esprit scientifique est désormais mâtiné de la philosophie antarctique : sois humble devant la sauvage Dame Nature car tu ne sauras ce qu'il est possible de faire que quand tu l'auras accompli. Tanguy de Ghellinck, correspondant Sudinfo

Pour en savoir plus : http://antarctica.oma.be/

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Commentaires

  • Très fier des exploits d'une ancienne élève du Chenois particulièrement attachante....

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