La Boîte de jazz est à Waterloo : Jacques Mercier nous la conte ! (+ interview, photos et vidéos)

Depuis le 20 décembre, un étrange et vaste cube noir a pris place à côté de la maison communale de Waterloo 

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Pour y accéder, il faut escalader un escalier qui mène à une petite porte d'entrée. sur le côté. Une fois celle-ci franchie, on pénètre dans une salle à dominante rouge, meublée de tables, de chaises et d'un bar en bois. Les murs sont tapissés de grandes photos noir et blanc des figures emblématiques du jazz : Louis Armstrong, Duke Ellington, Glen Miller, Sidney Bechet, ...

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Dans la Boîte de jazz, tout rappelle les jazz clubs qui animaient les nuits de La Nouvelle Orléans, Chicago ou New York dans les années 20-30. En deux petites heures, Jacques Mercier, initiateur et conteur du spectacle, son fils saxophoniste Stéphane, un pianiste, une chanteuse anglaise et un comédien feuillettent l'histoire centenaire du jazz par la parole, la musique, la chanson et des documents multimédias. 

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Le saxophoniste Stéphane Mercier

Plus de 23 000 jazzclubbers !

Depuis septembre 2013, la Boîte de jazz a parcouru la Belgique, y compris la Flandre, attirant plus de 23 000 spectateurs. Ses ultimes représentations ont lieu à Waterloo jusqu'au 4 janvier 2015.

Riche, varié, instructif mais pas abrutissant, ce conte musicalo-historique emmène allègrement les jazzclubbers dans le trip séculaire de la blue note. On en sort plus intelligent et détendu. Aérien aussi. 

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Interview

Jacques Mercier nous a fait le plaisir et l'amitié de répondre à nos questions. Il raconte l'histoire de la boîte qui raconte l'histoire du jazz, et plus encore.

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Jacques Mercier

Sudinfo Waterloo : Quelle a été la genèse de la Boîte de jazz ?

Jacques Mercier : Depuis que j’étais monté sur scène (avec Nara Noïan, entre autres, pour Mon jardin secret), je m’étais dit que je devrais le faire aussi avec mon propre fils, Stéphane, non seulement pour le bonheur de jouer avec lui, mais pour donner un coup de pouce à sa carrière professionnelle.

J’en ai discuté avec lui et il m’a préparé 80 pages sur l’histoire du jazz. Ce fut la base de mes recherches sur la manière de présenter un spectacle vivant ensemble.

SW : De quelle manière s'est faite la rencontre avec le producteur du spectacle, Cédric Monnoye (qui est aussi le directeur du Festival du film historique de Waterloo) ? 

JM : J’ai été sollicité par son assistante pour une de ses réalisations, La Nuit musicale, car le thème était cet été-là Musique classique et littérature. On a réalisé une séquence pour la nuit musicale autour de la passion de George Sand et de Chopin, avec le pianiste Daniel Blumenthal. C’était un grand bonheur dans le parc du château de Seneffe.

C’est en voyant la manière dont la société de Cédric fonctionnait que j’ai demandé à son assistante s’il n’avait pas envie de monter un spectacle autour du jazz. Elle m’a dit qu’il s’intéressait plutôt à l’opéra mais qu’elle allait lui en parler. Elle m’a téléphoné assez vite pour dire que, contre toute attente, il me proposait un rendez-vous.

On se rencontre et je lui expose mon projet. A peine terminé, Cédric Monnoye me dit "une Boîte de Jazz" et voilà qu’il me raconte ce qu’il voit pour cette idée. Ce fut réalisé ainsi ! Puisque nous ne sommes pas des acteurs comme les chanteurs d’opéra, il propose à un metteur en scène d’opéra de mettre en scène et de faire sur mesure, à partir des notes de Stéphane, un spectacle multimédia. Et ce fut fait. 

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Le producteur Cédric Monnoye

Peut-être que nous allons poursuivre cette aventure sur scène dans une nouvelle version. De nombreuses demandes sont arrivées en ce sens chez Cédric Monnoye. Je pense que ce serait une excellente chose !

SW : La présence de Toots Thielemans était-elle prévue le 20 décembre lors de la première à Waterloo ? S'est-il joint au spectacle ? 

JM : Plusieurs fois, on parla de la visite de Toots. D’abord Ivan Paduart et Stéphane, qui le rencontraient. Et finalement Yves Vander Cruysen, l’échevin de la culture, qui les connaissait et montait une exposition des oeuvres de sa femme, Huguette, à La Hulpe.

Mais cela dépendait de son état de fatigue et de santé. Cela a été envisagé, remis et finalement confirmé l’après-midi même. La tension nous a tous envahis ! Et ce fut une des plus intenses et belles soirées de la tournée de plus d’un an ! Il est monté sur scène et a fait le plus beau compliment du monde. (*)

 

SW : Quelle est votre appréciation du public waterlootois ? 

JM : Un public connaisseur et attentif. On a vécu de fabuleuses soirées. Certains détails nous frappent, comme le fait que tout le public semble connaître l’anglais, ce qui donne plus de sel à la fausse interview avec Louis Armstrong, par exemple.

Mais cela ne m’étonne pas : c’est à Waterloo que j’ai vécu une première salle overbookée de ma vie ! C’était pourtant une conférence sur les belgicismes dans la poésie, un sujet pointu, comme on dit aujourd’hui. C’est un grand souvenir. Tous les abonnés étaient venus alors qu’en général il y a 10% d’absence. Et ces 10% avaient été vendus. Le public était donc aussi sur les marches.

SW : Quels sont vos projets, notamment en 2015, dans tous les domaines ? 

Boîte 3 Capture.JPGJM : J’ai entamé deux livres : une BD qui se déroule dans le milieu du chocolat, à la demande de l’éditeur Sandawe et un essai autour de l’amour en couple avec ma fille Sophie, qui est conseillère conjugale. Cela s’appelle L’amour de toute une vie et est composé de courts chapitres sur le coup de foudre, la lune de miel, l’arrivée des enfants, etc. J’écris quelques pages sur la vie du couple et elle commente ensuite et donne des conseils. C’est un livre dans l’air du temps, à quatre mains.

Toujours en littérature, un autre recueil de nouvelles ressortira chez Ikor éditions, Mortes maisons, et je suis aussi les traductions espagnoles et anglaises qui viennent de se faire sur le continent américain. J’y ai depuis quelques mois une agente littéraire au Venezuela, qui a également un bureau en Floride. Une diva amoureuse vient de sortir en versions papier et numérique sous le titre El adios en tres actos. J’ai réalisé des interviews en duplex. Aujourd’hui tout est possible !

Dans un autre domaine, Nara Noïan enregistre douze de mes poèmes et textes poétiques. L’un ou l’autre a été proposé dans nos spectacles communs. Je suis très touché par sa musique, sa voix, sa création. C’est d’une grande beauté et cela renoue avec la chanson française et internationale. Normalement ce sera sur iTunes pour la Saint-Valentin, sûrement aussi en concert. Et peut-être un nouveau spectacle ensemble ? 

* Voir Jacquesmercier Blog 

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Pour ceux qui n'auraient pas vu la Boîte de jazz, cela risque malheureusement d'être difficile d'y assister car les 10 représentations prévues à Waterloo ont été rapidement sold out. Peut-être qu'en téléphonant (02 346 93 93) pour savoir s'il y a des désistements ou en se présentant le soir même... Tanguy de Ghellinck, blog Sudinfo Waterloo 

 

Le dernier album du saxophoniste Stéphane Mercier, Duology, est disponible en CD ou peut être téléchargé sur iTunes. 

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