Famille, mariage, (homo)sexualité : les 5 défis de l'Eglise selon Monseigneur Léonard à Waterloo !

Archevêque de Malines-Bruxelles, André-Joseph Léonard vient de séjourner six jours dans le doyenné de Waterloo 

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Sudinfo Waterloo avait présenté le programme de sa visite dans ces colonnes (article ici). Parmi ses nombreuses activités dans le doyenné, Mgr Léonard a donné le 12 janvier une conférence-débat intitulée Famille, défi pour l'Eglise dans l'église Sainte-Anne. Le doyen de Waterloo, l'abbé Vénuste Linguyeneza, était présent.

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Mgr Léonard avec tous les prêtres du doyenné à Saint-Joseph

En fait de famille, il a plutôt été question des défis de l'Eglise par rapport au mariage et à la sexualité. Nous tentons ci-dessous de résumer en substance les paroles du primat de Belgique :

La sexualité vue positivement

On communique par le corps et par la parole. Par le corps, on exprime l'amour et la vie, on peut agir et souffrir. La foi chrétienne jette un regard très positif sur le corps qui est fait pour la résurrection, ce qu'aucune autre religion ne dit. 

La famille repose sur la différenciation sexuelle (du latin secare, couper, scinder) : le mâle et la femelle, complémentaires par l'accouplement qui donne la vie. Dans la Bible, on observe aussi ce regard positif envers la sexualité : A son image, homme et femme, Il les créa (Genèse). Tout l'Ancien Testament est dominé par un mariage d'amour entre Dieu et son peuple.

DSC_4123.JPGDans la Nouvelle Alliance, le mariage d'amour entre Dieu et son peuple s'étend à toute l'humanité via Jésus : Quand bien même tu me serais infidèle, moi, je te resterai fidèle.

Les défis de l'Eglise

1. La beauté

Malgré l'approche positive de l'amour à la fois spirituel et charnel par la foi chrétienne, il y a beaucoup de souffrances dans l'amour humain : ceux qui se découvrent une tendance homosexuelle, ceux qui ont ou sont trahi(s). Le premier défi de l'Eglise est de faire découvrir la beauté de l'amour et du corps humains.

2. La préparation au mariage

Même si elle ne doit pas être aussi longue que pour le sacerdoce, se marier dans le Seigneur demande une préparation soignée. Défi difficile pour l'Eglise : comment préparer au mariage d'une manière justement exigeante ?

En Belgique, la barre est basse : la préparation psychologique et humaine ne va pas assez loin. Et donc, en cas d'échec, les époux se retrouvent à supporter les conséquences à 100%. 

3. "Le service après-vente"

Les sacrements de l'Eglise sont souverains mais n'ont pas une efficacité magique. Baptême, confirmation, mariage sont trop souvent des parenthèses dans la vie où on oublie vite la prière, l'eucharistie.

Pour le service après-vente, l'Eglise doit faire des propositions , p. ex. bénir à nouveau les couples qui redisent oui à l'autre.

DSC_4126a.jpg4. Le conseil conjugal chrétien

Autrefois, la déconstruction du mariage était plus difficile, notamment sur le plan légal. Des couples dans l'impasse pourraient surmonter leurs difficultés s'ils pouvaient recevoir des conseils conjugaux chrétiens. Il faudrait suffisamment d'antennes de conseil conjugal d'inspiration chrétienne.

Le divorce n'entraîne aucune difficulté pour participer à la vie chrétienne. D'ailleurs, certains mariages chrétiens ne sont pas valides : on ne s'engage pas à long terme, on ne veut pas d'enfant, on est contraint de se marier.

5. La fidélité

Même si on a été plaqué, même si on est séparé, divorcé, l'Eglise doit aider à comprendre qu'on reste fidèle au sacrement du mariage, à son conjoint. L'Eglise doit aider les séparés à assumer leur solitude comme les veufs. Il existe toujours un chemin de sainteté, de vérité, de conviction pour tout le monde.

A ses frères et sœurs divorcés remariés, Mgr Léonard dit : "Viens à la messe et va à la communion en croisant les mains sur ta poitrine. Je te bénirai. J'ai le sentiment qu'ils communient autant sinon plus avec Jésus."

Certain(e)s divorcé(e)s remarié(e)s reconnaissent que la femme (l'homme) avec laquelle (lequel) ils (elles) vivent n'est pas la femme (l'homme) de leur mariage dans le Seigneur.

L'homosexualité

Ce point a été évoqué au synode d'octobre 2014 : comment gérer les personnes qui se découvrent une sexualité homosexualité ?

On aide pas les adolescents si on les laisse dans leur passage homosexuel, psychologiquement assez normal à leur âge. Il y a une logique objective de la sexualité humaine : on est différent pour procréer.

N'accordant pas la même signification à un mariage hétérosexuel et à un mariage homosexuel, l'Eglise n'est pas favorable à ce que la loi donne la même importance aux deux mariages.

"Mais il ne faut pas juger ! assène Mgr Léonard. Personnellement, j'aide ceux qui ont une tendance homosexuelle à l'assumer, sans la favoriser. Je les incite à vivre dans la chasteté. Mais les situations ne sont pas toutes équivalentes." 

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Questions et réponses

En réponse à des questions de l'assemblée à la fin de la conférence, Mgr Léonard a aussi répondu ceci :

• Non, le fait de vivre maritalement avant le mariage n'a pas fait chuter le nombre de séparations. Ca n'arrange rien. En néerlandais, on dit : echte liefde wacht, l'amour authentique sait attendre. Les parents d'un tel couple doivent garder le contact avec leur enfant. Mais on ne peut dire la vérité qu'avec beaucoup d'amour. La vérité sans amour détruit.

• Il faut aider les gens à gérer leur fécondité sans la tutelle hormonale.

• Dans la préparation au mariage, l'Eglise doit proposer plus aux couples pour qu'ils vivent plus.

• L'Eglise doit pouvoir dire ce qui n'est pas bien, ce qui est mal. Elle doit prendre le risque de dire ce qui n'est pas acceptable.

Nous espérons que notre compte rendu de la conférence du brillant intellectuel qu'est Mgr Léonard reflète correctement ses paroles et son message. Nous l'avons écrit avec la plus grande honnêteté possible. Tanguy de Ghellinck, blog Sudinfo Waterloo

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