Bicentenaire de la bataille : les commerçants de Waterloo dépités et remontés ! Témoignages

Nombre de commerçants de la commune affirment avoir été les grands perdants du bicentenaire de la bataille de Waterloo 

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En cause : le plan de mobilité. En effet, les vendredi 19 et samedi 20 juin, après 14 heures, la chaussée de Bruxelles a été mise en sens unique en direction de la capitale à partir du rond-point de Mont-Saint-Jean jusqu'au carrefour de la drève Richelle.

Alors que les commerçants et restaurateurs espéraient augmenter leurs ventes grâce à l'afflux de visiteurs attendus pour l'événement, c'est tout le contraire qui s'est passé : selon leurs dires, beaucoup d'entre eux ont réalisé un chiffre d'affaire de 30 à 70% inférieur à la normale !

Pas de clients habituels

Apparemment, craignant une circulation congestionnée, de nombreux clients habituels ne se sont tout simplement pas rendus dans les magasins de Waterloo le week-end dernier. Le secteur horeca (restaurants, snacks, cafés, bars) a particulièrement souffert : certains gérants ont surstocké, pensant que les visiteurs occasionnels et les reconstituants rendraient viendraient consommer dans leur établissement.

Témoignages parmi d'autres 

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Dès le vendredi, une commerçante du centre nous adressait ce message : "Pourriez-vous faire passer un message sur votre blog afin de faire savoir aux habitants de Waterloo que le centre-ville reste tout à fait accessible. Les commerçants du centre sont tristes et en colère car ce qui devait être une fête pour tout le monde se transforme en réel cauchemar. Tout le centre est déserté tant les médias ont fait paniquer les gens. Pas de clients habituels car ils ont peur de sortir de chez eux et pas de touristes non plus car tout a été organisé de l'autre côté de la ville (NDLR : le Village du Lion). Beaucoup de commerçants du centre ont fait de nombreux frais pour cet événement et ont également prévu du personnel en plus pour rien. C'est un vrai flop pour le centre !"

Un appel aux clients de Waterloo

Plus tard, cette commerçante publiait ceci sur Facebook : "Avis aux habitants de Waterloo : le centre de la commune reste totalement accessible,. N'hésitez pas à nous rendre visite, les commerçants ont besoin de vous. Le centre se voit déserté suite au bicentenaire. Le parking de la rue François Libert est disponible et quasi vide depuis 3 jours. Venez nombreux."

Une autre commerçante nous écrivait ceci à propos du centre-ville : "En effet, calme plat comme au Tour de France. Pourtant pas de problème de mobilté dans le centre. Les commerçants sont déçus : forcément, pas de chiffres d'affaires, c'est toujours moche."

Les terrasses occupées par les restaurateurs 

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Vendredi soir toujours, un gérant de Joli-Bois nous exprimait "le mécontentement général des commerçants de Joli-Bois. Notre place est vide, il ne s'y passe absolument rien et la navette gratuite des Proxibus ne s'y arrête même pas. Tous les restaurateurs de Joli-Bois sont assis à leur terrasse. Nous faisons seulement 30% de notre chiffre d'affaires habituel. On a créé une véritable psychose autour de la mobilité pendant le bicentenaire."

Courroucée, une autre gérante de Joli-Bois nous a écrit que "les commerçants de Joli-Bois sont furax !"

"Chaussée fermée sans utilité" 

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Autre témoignage d'un commerçant de Joli-Bois : "Premier jour des commémorations. Joli-bois coupé du monde. On a fermé la chaussée de Bruxelles vers 15 heures, rouverte vers 16 heures et refermée à 16h30. Bref, ils ont découragés les gens à venir et on se retrouve sans personne. Avec une chaussée fermée sans utilité aucune. Grand merci aux autorités responsables de cette décision de fermeture. Les commerçants et le quartier en sont ravis. Et dire que demain samedi, c'est reparti."

Voir les retombées à long terme

Florence Reuter DSC_1146.jpgDimanche passé, lors de la première conférence de presse des organisateurs juste après le bicentenaire de la bataille, Florence Reuter, bourgmestre de Waterloo, a répondu à notre question à propos du mécontentement, voire l'irritation, des commerçants sa commune : "On a pris des mesures pour éviter le chaos. Qu'est-ce qui est mieux ? La réussite de l'événement et de la mobilité ou le chaos ? Je pense que les commerçants ne doivent pas tabler leurs résultats sur trois jours mais sur les retombées futures. Il faut relativiser et voir à plus long terme."

Pas la faute de la commune

Alain Schlösser 385614_4730281139230_488635361_n.jpgContacté, l'échevin du commerce et des classes moyennes Alain Schlösser a déclaré que "la mise en sens unique de la chaussée de Bruxelles a été décidée par la police fédérale, pas par la commune."

Certains gérants de Joli-Bois pensent à faire une pétition ou à réclamer un dédit à la commune. Il se dit que celle-ci pourrait leur proposer une animation à l'occasion de prochaines festivités. A suivre. Tanguy de Ghellinck, blog Sudinfo Waterloo

5 commentaires Catégories : Bataille de Waterloo, Dans les quartiers, Entreprendre - Immobilier Imprimer

Commentaires

  • Ce ne sont pas QUE les commercants du centre ou de jolibois, mais l'ensemble des commercants de Waterloo, ainsi que Braine et Lillois et j'en passe. pour ma part je suis juste au alentour de Mont st Jean, aucune circulation non plus, je n'attendais personne du bicentaire, j'aurai juste voulu pourvoir servire mes habitués et si pour madame Reuter 4 jours n'est pas la mort, qu'elle redistribue 4 jours de son salaire alors

  • A Madame Reuter qui déclare que 4 jours de diminution de chiffre d'affaires "n'est pas le plus important comparé à une circulation -chaotique-", je réponds que 4 jours suffisent à tuer certains commerces pour qui le futur n'est même plus alors envisageable.

    De plus, proposer à des forains/commerçants itinérants des espaces pour vendre leurs produits (food truck et autres) alors que rien n'a été proposé aux commerçants locaux (de Waterloo et de BLA) est tout à fait scandaleux !

    Pourquoi lorsqu'il y a un embouteillage, on ne peut même pas faire de la pub locale devant son propre établissement. Expérience vécue le vendredi 19/06/2015 à 17H45. Des policiers ont gentiment demandé à mon staff d'arrêter toute forme de publicité. Et j'insiste bien sur le fait que cette interdiction m'a été faite DEVANT MON ETABLISSEMENT ! Et vous osez dire que nous, petits commerçants, devront être contents qu'il n'y a pas eu de bouchons ces jours-là ?

    La bataille profitera toujours aux mêmes et quelles retombées pouvons-nous espérer ? Les organisateurs, eux, ont vu les retombées par la monnaie sonnante et trébuchante !

    Merci à vous, Mme Reuter. J'attends alors qu'on partage les bénéfices avec tous les commerçants lésés par votre merveilleux plan d'investissement !

    Peut-on espérer une réponse de la Commune ou bien va-t-on encore noyer le poisson, comme d'habitude ?!

  • Voici enfin des gens qui acceptent de considérer Waterloo comme une défaite !

  • Il me semble qu'il faut raison garder...la déception des commerçants est naturelle et justifiée...les mesures de sécurité routière et policière l'étaient aussi.Le premier rôle d'une Bourgmestre à peine en fonction face à un tel événement est d'assurer l'ordre et la sécurité en écoutant les responsables de la police.. Cela fut fait...de façon excessive sans doute .
    Que n'aurait -on pas dit si cela n'avait pas été fait.
    Le public international venu en masse pour l’événement n'a pas fréquenté les commerces et les habitués du shopping local ont fuit la cohue prévisible...
    C'est bien sur dommage . C'était peut-être prévisible,non?

  • Il me semble devoir donner la situation par rapport à un évenement exceptionnel qui a eu des conséquences à gérer D'abord je tiens à préciser aux commerçants de Joli-Bois que pour les milliers de reconstituants venir manger chez eux était difficile vu le trajet à faire et qu'il était plus facile de se restaurer au carrefour du Bigg's Quand au Proxibus il n'avait pas de raisons de s'arrêter à Joli-Bois car d'une part aucun endroit à visiter et d'autre part le bus était déjà complet au départ du Carrefour Market Les commerçants de Joli-Bois oublient aussi qu'ils ont eu la braderie la semaine avant pour rentrer dans leurs comptes Près de l'église Saint Joseph le patron d'un resto m'a dit se plaindre du peu de monde mais son établissement ne se trouve pas sur la chaussée et les touristes ne l'ont pas vu Par contre la gérante d'un snack dans la galerie Wellington m'a dit avoir eu du monde du fait que les visiteurs du musée venaient manger chez elle (c'est à 50 mètres) En résumé avant de critiquer il faut pouvoir faire une évéluation objective du pourquoi d'un manque à gagner!

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