Projets de la place Capouillet : chaude réunion d'information au Chenois !

Le Chenois s'est mobilisé jeudi soir pour assister à la réunion d'information à propos des projets prévus pour la place Capouillet

Environ 200 personnes ont pris place dans la salle de l'école communale du Chenois qui était trop petite pour permettre à tout le monde de s'asseoir. L'atmosphère était chaude au propre comme au figuré.

Il était 18 heures quand la bourgmestre Florence Reuter, l'échevin de l'urbanisme Cédric Tumelaire, le chef du service travaux Gaëtan Desondre, l'architecte-chef du service urbanisme Françoise Govaerts et le commissaire de police Michel Vandewalle se sont installés sur la scène face au nombreux public. Le promoteur Diego Smets de Propinvest et l'architecte Baudouin Courtens restaient assis au fond de la salle.

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Dans l'assistance, on reconnaissait plusieurs conseillers communaux : Jean-Louis Verboomen (Ecolo), Bernard Catala (Mieux Vivre à Waterloo), Raphaël Szuma, Célinie Brabant-Leman (MR) entre autres. L'échevin Yves Vander Cruysen se tenait debout derrièe le public.

1 000 000 d'euros de subsides pour la place si...

En guise d'introduction, la bourgmestre a expliqué qu'il était possible d'obtenir un million d'euros de subsides de la Wallonie pour la revitalisation de la place Capouillet à condition de la lier à un projet privé. Revitalisation veut dire embellissement de la place, espace public convivial et agréable avec un piétonnier et moins de voitures.

Tant pour le projet Spechim que pour celui de la place elle-même, il y aura des séances d'information et des enquêtes publiques dont les dates ne sont pas encore fixées. "Tout est ouvert, rien n'est figé, tout est à l'état de projet. Mais si 200 riverains ne veulent pas de changement, on ne fait rien !"

Une place unique

Le chef du service communal travaux a décrit ce que la commune prévoyait pour la place elle-même : faire une place unique alors qu'elle est coupée en deux aujourd'hui, mettre la voirie principale du côté du magasin Carrefour Express, garder l'aspect arboré, enterrer les cables aériens, conserver le stationnement et repenser la liaison Capouillet-Dury via la rue Gouttier.

Un habitant a proposé de faire un cœur du Chenois avec des logements, des commerces et des lieux de réunion pour seniors au lieu d'un immeuble à appartements. Cédric Tumelaire : "On applaudit à deux mains à votre proposition mais il faut que cela soit réalisable. Après réflexion du Collège pour que la place devienne un "cœur de vie", des suggestions ont été faites au promoteur." Florence Reuter a ajouté : "Il faut être prudent avec la mixité des fonctions car la tranquillité n'a pas de prix."

A un riverain qui vit dans l'avenue Capouillet depuis 89 ans et qui s'inquiète de l'accroissement du nombre de voitures, la bourgmestre a affirmé que "la police fera son travail concernant la mobilité. Le projet imaginé privilégie les modes de déplacement doux."

Pas de course à l'augmentation de la population

Un habitant : "Est-ce que les gens du coin sont demandeurs de quelque chose ? Il faudrait aussi arrêter la course à l'augmentation de la population à Waterloo." La bourgmestre : "On ne peut pas empêcher un promoteur privé de faire son travail. Non, il n'y a pas de course pour accroître le nombre d'habitants dans la commune !"

A ceux qui déploraient l'absence d'esquisses et d'images des projets pendant la réunion ou sur le site internet communal, la mayeure a répliqué : "Les projets ne sont pas formellement finalisés. Nous avons organisé cette séance dans un souci de transparence. Après que la revitalisation de la place Capouillet soit passée au Conseil communal, l'information a en effet circulé très vite, notamment sur les réseaux sociaux."

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Que veulent les riverains ?

L'architecte communale Françoise Govaerts a recentré le débat parfois entrecoupé d'applaudissements, voire de huées : "L'immeuble Spechim est sur un terrain privé. Le promoteur et son architecte ont proposé un projet que la commune instruit. L'aménagement de la place n'est qu'une opportunité. Ce qui serait intéressant, c'est de savoir ce que les habitants souhaitent."

De nerveuse, l'ambiance est devenue plus houleuse, notamment après l'intervention d'un Chenoisien ayant travaillé dans  le domaine de l'urbanisme : "OK pour le réaménagement de la place, de préférence avec des bancs et des jeux pour les enfants. Mais l'immeuble à appartements ne correspond pas à la densité du quartier. Où va-t-on mettre les voitures ? Envisagez-vous de faire une étude de mobilité et de stationnement ? L'enquête publique n'est pas suffisante, il faut adopter une démarche prévoyant la participation réelle des habitants. Si on n'agit pas comme ça, cela va provoquer de grands désaccords."

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La commune ne veut pas le mal-être des Waterlootois !

Le commissaire Michel Vandewalle a reconnu que la question était pertinente car "la problématique du stationnement devient de plus importante au Chenois. Des comptages ont été et seront effectués concernant la circulation et le stationnement."

Mais c'est surtout la réaction ferme de la bourgmestre, irritée, qui a marqué : "Il faut qu'on arrête une fois pour toutes de dire que la commune veut le mal-être des habitants ! Mon seul intérêt est que les habitants soient contents et restent à Waterloo." Preuve que le ton monte, s'adressant au public, elle a lancé cette phrase que tous n'ont pas comprise : "Mais monsieur l'échevin, si vous avez quelque chose à dire, venez sur la scène !"

Démocratie participative

Plus posé, un autre habitant intervient : "Démolir et dépolluer Spechim est une bonne idée mais la commune a-t-elle une marge de manœuvre pour diminuer le nombre d'appartements ? Comment va-t-on aménager la place ? Il existe des procédures classiques mais elles sont surannées car aujourd'hui les gens veulent intervenir. Comment allez-vous innover pour faire une opération win-win-win pour le promoteur, la commune et les habitants ? Il faut de la démocratie participative."

Florence Reuter se dit "d'accord pour le principe de la démocratie participative concernant l'aménagement de la place. Mais pour Spechim, la commune n'a pas le pouvoir d'interdire au promoteur de faire un projet."

Hauteur et surface plus petites

Représentant le promoteur Propinvest, Diego Smets a précisé que "l'immeuble de 31 appartements, accessibles aux personnes à mobilité réduite, sera moins haut et sa surface au sol plus petite que l'actuel bâtiment Spechim. Les façades seront en recul par rapport à celles de Spechim. Les appartements comporteront une, deux ou trois chambres car cela correspond à la demande et à la densification voulue par la Wallonie près des centres-villes et des gares. Seront intéressés par ces logements : les jeunes couples, les personnes âgées et les familles monoparentales."

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Le promoteur Diego Smets et l'architecte Baudouin Courtens

A une riveraine qui ne veut pas de fenêtre à l'arrière du nouvel immeuble pour protéger sa vie privée comme aujourd'hui, Diego Smets avoue que "ce sera difficile". Après deux heures d'un intense questions-réponses, la bourgmestre a mis fin à la réunion mais les discussions se sont poursuivies dans la cour de récréation de l'école entre les habitants et les acteurs du dossier. Décidément, les Chenoisiens ne sont pas des habitants comme les autres.

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2800 euros/‎m2

En aparté avec le promoteur et l'architecte, on apprenait que le prix de vente moyen des appartements s'élèverait à environ 250 000 euros par unité en se basant sur un prix de 2800 euros/‎m2. Il apparaît aussi que la construction du nouvel immeuble par Propinvest n'est pas dépendante du projet communal de revitalisation de la place Capouillet.

Pour ailleurs, il faut savoir p. ex. qu'en cas d'avis négatif de la commune sur un projet immobilier, le promoteur peut aller en recours auprès du fonctionnaire délégué de la Région wallonne. Ce dernier a la faculté de remettre un avis contraire à celui de la commune. Un recours reste possible pour la commune.

La suite au prochain numéro... Tanguy de Ghellinck, blog Sudinfo Waterloo

2 commentaires Catégories : Dans les quartiers, Politique Imprimer

Commentaires

  • Bonjour Tanguy ,
    Bravo pour ton reportage de qualité et qui reflète parfaitement la teneur des débats. Les média communaux ne sont malheureusement pas aussi informatif ni présent et surtout dans les questions importantes de la vie citoyen comme l'urbanisme et l'aménagement du territoire.

    Membre actif de l'association InterQuartiers à laquelle j'ai adhéré en 1976 lors de mon arrivée à Waterloo et qi a été relancée en 2010 lors du méga projet Bella Vita, je dois constater avec d'autres membres et habitants qu'il n'y a pas vraiment de vision à long terme de l'aménagement du territoire , de l'urbanisme et de la mobilité
    La commune n’emploie pas les outils prévus par la loi ( le CWATUP ) pour planifier et gérer son territoire. ; il n’y pas de schéma de structure , pas de règlement communal d'urbanisme. ( voir ci-dessous extrait du Cwatup)Ceci permet à n’importe quel promoteur de proposer des projets à peu près n’importe ou dans la commune !

    Et ceci dans une parfaite « non transparence" jusqu’à l’enquête publique qui prends le citoyens « lambda « par surprise !

    Pire le fait d’avoir une CCATM permet au collège communal une certaine autonomie pour approuver des projets de lotissements importants au coup par coup . Seul l’enquête publique courte permet aux habitants de réagir dans l’urgence. Ce fut la cause de la création de l’association InterQuartiers qui permet aux différents comité de quartiers d’y trouver appui et aide du fait d’expériences partagées dans différents quartiers de Waterloo.

    En fi n le rôle du fonctionnaire délégué est aussi peu transparent : ex le lotissement du « contrôle technique entre la chaussée de Tervuren et la N5 : Le collège communal était contre , les habitants du quartier aussi, l’avis de la CCATM étant défavorable et portant le fonctionnaire délégué a autorisé en recours le lotissement contre , l’avis de habitants et du collège communal ! Et encore plus curieux le collège communal n’ a pas été en recours contre l’avis du fonctionnaire délégué : étais ce téléphoné comme le dis les commentateurs de foot ? il est vrai que c’était sous le règne de l’ancien Mayeur !

    Je recommande donc plus de transparence dans les grands projets ( et donc déjà merci à la nouvelle Bourgmestre d’avoir organisé une réunion d’information ; nous attendons la suivante celle de participation des citoyens)) , une étude de mobilité revue ( si il a 1 million d’euro pour aménager la place Capouillet , il pourrait y avoir 100.000 euros pour « updater" l’étude de mobilité de 2009 !) et l’adoption des moyens prévus par le Cwatup pour gérer correctement l’urbanisme et l’aménagement du territoire de Waterloo.

    Bien cordialement

    Bernard Catala
    Annexe :
    Aménagement du territoire au niveau local
    Les schémas de structure communaux
    Le CWATUPE (art. 16 à 18) définit le schéma de structure communal comme un "document d'orientation, de gestion et de programmation du développement de l'ensemble du territoire communal".
    L'objet du schéma de structure communal est de définir une politique d'aménagement du territoire dans le cadre d'un projet de développement communal. Ce projet doit respecter les dispositions du plan de secteur et tenir compte des moyens communaux.
    L'existence d'un schéma de structure communal est, avec celle d'un plan de secteur, d'un règlement communal d'urbanisme et d'une commission consultative communale d'aménagement du territoire et de la mobilité (C.C.A.T.M.), l'une des quatre conditions nécessaires pour qu'une commune puisse adopter le régime de la décentralisation, qui lui accorde une certaine autonomie en matière de délivrance de permis d'urbanisme et de lotir

  • Retenu en province jeudi, je n'ai pu être présent à la réunion jeudi soir, mais j'en ai eu des échos par Bénédicte Colla et Cédric Tumelaire, puis samedi en parlant à certains riverains.
    Madame Reuter avait invité les Chenoisiens à une réunion d'information, et je ne comprends pas pourquoi elle n'a pas présenté les esquisses de l'immeuble projeté et de l'aménagement de la place que nous avons pu consulter lors de la préparation des Conseils communaux de mars et avril. (Le point a dû revenir pour un problème technique.) Bien entendu Madame la Bourgmestre insiste sur le caractère non définitif de ces plans, mais ne pas les présenter suscite des sentiments de méfiance. Les plans montraient des incohérences. Qui en étaient les auteurs ? Le projet d'aménagement de la place fait la part belle à l'immeuble projeté, créant une esplanade sympathique juste devant celui-ci. Sans copensation. Il était pourtant important de rassurer les habitants que l'appel du Comité du Chenois à la vigilance avaient pas mal inquiétés...
    Quant au fond :
    •Oui les gabarits de l'immeuble projeté sont raisonnables et pour ma part je trouve intéressante la densification d'un quartier où la voiture n'est plus nécessaire. L'accès aux personnes à mobilité réduite est assuré.
    •Attention le nombre d'emplacement de parking et l'accès à la rue Gouttier peuvent poser problème.
    •Oui, c'est une bonne idée de détourner la circulation axiale et de supprimer l'aspect boulevard de l'avenue Capouillet. Et je privilégierais un projet qui coupe la forme trop allongée de la place, en évitant les alignements d'arbres, par exemple.
    •Oui, je ne suis pas seul à me questionner sur la nécessité d'investir 1 million d'euro par la Région, alors que certains investissements prioritaires sont repoussés. Sur l'utilité d'un investissement public qui permet une belle plus-value privée, sans compensation.
    Je me réjouis de la réaction des habitants qui ont envie de s'investir dans la conception d'une place qu'ils veulent " la plus belle de Waterloo " (Quels bons exemples les autorités ont-elles à mettre à leur actif ?).
    Se réunir autour d'un projet : quelle chance pour la cohésion sociale, à condition que chacun soit prêt à s'ouvrir à d'autres conceptions.

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