Bataille de Waterloo : un charnier à Hougoumont ?

Initié par des Britanniques, le projet archéologique international Waterloo Uncovered cherche à récolter de nouvelles informations sur les combats du 18 juin 1815

Une première campagne de fouilles s'est déroulée en avril et en juillet 2015 autour du château-ferme d'Hougoumont sur le territoire de Braine-l'Alleud. Il s'agissait d'effectuer des prospections de surface, de sondage du sol au moyen de radars et de détecteurs de métaux.

 

Des fours à briques destinés sans doute à la construction du château et des balles avaient entre autres été découverts (voir  article ici). La campagne 2016 de Waterloo Uncovered à Hougoumont a commencé le 4 juillet et s'achèvera le 15 du mois.

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Une soixantaine de personnes s'affairent sur le site : des archéologues universitaires, des militaires actifs, blessés ou vétérans (Coldstream Guards, Navy, Intelligence, Corps médical), des étudiants et des bénévoles.

Y a-t-il un charnier ?

Dominique Bosquet-SPW-DG04 Archéologie DSC_0199.jpg"L'objectif majeur de cette campagne 2016 est de vérifier la présence d'un bûcher et/ou d'un charnier sous le parking situé devant la porte sud (NDLR : celle qui donne sur les trois célèbres châtaigniers) de la ferme", indique Dominique Bosquet, attaché à la direction archéologie Brabant wallon du Service public Wallonie. "Au cas où ce serait le cas, l'intercommunale Bataille de Waterloo 1815 voudrait en faire un lieu de mémoire."

Autre question qui se pose : pourquoi les assaillants français, alors qu'ils étaient supérieurs en nombre au défenseurs alliés de la ferme, n'ont jamais pu prendre la ferme pendant toute la journée du 18 juin 1815 ?

Pourquoi l'attaque française a échoué

"Nous avons découvert des concentrations de balles tirées par les Français aux deux extrémités du long mur à l'est du verger, explique Dominique Bosquet. Ceci pourrait laisser supposer qu'il y avait une haie entre le bois aujourd'hui disparu et le mur, obligeant les soldats français à passer par la gauche et la droite de la haie, ce qui a entravé leur attaque."

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Une deuxième incursion française ?

Par ailleurs, à une dizaine de mètres du côté intérieur du mur du verger, l'équipe de Waterloo Uncovered a trouvé des balles tirées par des fusils britanniques et français, ce qui signifierait que des soldats de l'empereur ont pu soit tirer sur les défenseurs depuis le sommet du mur du verger soit pénétrer dans ce dernier. Ainsi donc, outre les soldats et le jeune tambour français qui ont forcé temporairement la porte nord de la ferme, d'autres Français seraient parvenus à entrer dans Hougoumont.

Dans la cour de la ferme, les archéologues ont mis au jour les fondations d'un bâtiment qui s'élevait non loin de la porte sud. Il devait exister au temps de la bataille car on il est représenté sur des images d'époque. On peut y voir les traces d'une ancienne canalisation d'eau.

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Waterloo Uncovered reviendra

Le major Charlie Foinette, commandant de compagnie au régiment des Coldstream Guards et diplômé en archéologie est un des chefs du projet. Il espère que Waterloo Uncovered pourra revenir sur le champ de bataille de Waterloo pour en fouiller d'autres parties. Quant à la présence d'un charnier aux abords d'Hougoumont, il faudra attendre la fin de la semaine pour en savoir plus. Tanguy de Ghellinck, blogueur Sudinfo Waterloo

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