EXCLU : Waterloo perd le directeur assidu de son musée et de son champ de bataille ! (+ interview)

Après 17 ans dans les institutions touristiques et historiques de Waterloo, le double directeur donne une nouvelle orientation à sa carrière

En 2001, après avoir travaillé à Bruparck et à l'Atomium, il a été recruté comme directeur de la Maison du tourisme de Waterloo. En 2012, on lui a demandé de prendre aussi la direction du musée Wellington au centre-ville et en 2016 celle du Mémorial 1815 sur le champ de bataille.

Le Waterlootois Etienne Claude vient donc de donner un nouveau virage à sa carrière puisqu'il s'en va travailler dès février à Wallonie Belgique Tourisme (WBT), ASBL basée à Namur qui a pour mission d'assurer la promotion touristique de la Wallonie en Belgique et à l’étranger.

Comme directeur du marketing, il y sera en charge de la gestion des campagnes de promotion nationales et internationales, le développement du site internet, l’intégration d’un nouvel outil de commercialisation et l’augmentation des actions avec les partenaires privés.

Ses souvenirs, bons et moins bons

A l'occasion de son départ du musée Wellington et du Mémorial 1815, nous avons interrogé Etienne Claude sur ses différentes expériences professionnelles à Waterloo. 

Sudinfo Waterloo : Quels sont tes meilleurs souvenirs dans chacune des trois institutions que tu as dirigées ?

Etienne Claude : "A la Maison du tourisme de Waterloo, je retiens la conception de la structure, l’aménagement du bâtiment, la mise en place d’une équipe dynamique, la relance des Boucles impériales et surtout la conception du Pass 1815 qui rassemble l’ensemble des partenaires du champ de bataille. Enfin, après avoir lancé une charte graphique commune (logo, dépliant) Etienne Claude DSC_0521.jpgacceptée par les quatre communes du champ de bataille, il y a la mise en place, après le bicentenaire, d’une réelle concertation avec les partenaires pour mettre au point une stratégie.

Au musée Wellington, avec l’aide et la confiance de la présidente Bernadette Delange-Raeymaekers, on s'est acharné à rénover la dernière institution du champ de bataille qui devait l'être. Après trois années de combat, j'ai obtenu le soutien du ministre wallon du tourisme René Collin, des députés provinciaux Tanguy Stuckens et Mathieu Michel, de la Loterie Nationale et de la bourgmestre de Waterloo. A la clé, un budget d’un million d’euros pour rénover tant la scénographie que l’ex-taverne Le Charivari et la démonstration de la capacité de notre équipe."

Etienne Claude cite aussi : la conception et la réalisation de l’exposition internationale Napoléon, Wellington-Destins croisés en 2015 avec l’arrivée du bicorne de Napoléon ainsi que les huit autres expositions mises sur pied en 6,5 ans, les relations avec des autres institutions  nationales et internationales (musée de l’Armée, Fondation Napoléon, Mobilier National, musée Wellington-Apsley House), la confiance des attractions et musées wallons qui l'ont nommé président de l'ASBL Attractions et Tourisme et enfin l’intégration du musée Wellington dans le Pass musée belge.

Etienne Claude : "Dans le cadre  de l'ASBL Bataille de Waterloo 1815, je relève évidemment le bicentenaire de la bataille de Waterloo, conçu et préparé en 500 jours, son succès, la reconnaissance de la majorité du public, des reconstituants et des partenaires, la confiance et l'implication de certaines personnalités politiques pendant cette période. L'événement a généré plus de 30 millions d’euros et rassemblé 200 000 personnes et 6 000 reconstituants. Les bénéfices serviront à préparer les reconstitutions du futur."

Etienne Claude DSC_4444a.jpg

Concernant le Mémorial 1815, il mentionne le lancement en trois mois d'événements et d’une campagne de communication en 2016, les Scottish Days à la ferme d'Hougoumont, Dinner in the Sky, le jumelage avec le site de la bataille de Sekigahara (1600) au Japon et la mise en place d’une signalétique sur le champ de bataille de Waterloo. Il est heureux de l’augmentation constante du nombre de visiteurs et du chiffres d’affaires en 2017 et 2018 après une année 2016 morose à cause des attentats de Bruxelles.

Etienne Claude : "Je garderai aussi en mémoire le taux de satisfaction des visiteurs après leur visite du Mémorial 1815 et du musée Wellington rénové et mon travail avec des équipes motivées. Le fait aussi d’avoir rassemblé les structures liées au champ de bataille (attractions, Guides 1815, le Waterloo Committee, le Souvenir napoléonien , ...) autour d’actions conjointes."

SW : Quels sont tes moins bons souvenirs et les difficultés que tu as rencontrées chez tes employeurs "waterlootois" ?

E.C.: "A la Maison du tourisme de Waterloo : le temps consacré à convaincre certains administrateurs de lui donner une dimension internationale, la fin récente de l'institution et mon licenciement. Au musée Wellington : les difficultés d’entamer une rénovation en parallèle à la gestion du bicentenaire et à la conception de l’exposition de 2015. Je regrette aussi de partir sans avoir achevé la totalité de la rénovation. A l'ASBL Bataille de Waterloo 1815 : le manque de temps, de personnel et d’argent pour concrétiser certains objectifs complémentaires au bicentenaire de la bataille. Au Mémorial 1815 : certains aménagements qui ne correspondent pas à ma conception personnelle d’un site touristique. Au global, je déplore de ne pas avoir pu prendre 100 jours de congés ou de récupération dûs et bien mérités après un investissement personnel énorme et un sacrifice imposé à ma famille et à mes proches !"

SW : Pourquoi ne vas-tu pas collaborer avec le nouvel opérateur touristique Kléber Rossillon du champ de bataille ?

E.C.: "Kléber Rossillon désirant un directeur à temps plein, il m’était impossible de partager mon temps de travail entre le musée Wellington et le Mémorial 1815. Depuis quelques semaines, je communique au nouvel opérateur tant mon carnet d’adresses que mes conseils qu’ils écoutent attentivement. J’apprécie d’ailleurs leur correction et leur écoutes. Je leur laisse des dizaines de projets à développer. Par ailleurs, j’estime qu’après 17 années sur le champ de bataille (tout comme mes 17 années à Bruparck et à l’Atomium, coïncidence bizarre), je devais faire évoluer ma carrière et avoir d’autres motivations. Je pense que mon expérience dans différents domaines touristiques et celle du bicentenaire seront un atout pour mon  futur job." 

SW : Est-ce que tu pars aussi pour des raisons de personnes ? 

E.C.: "Non, même si tout n’a pas toujours été facile… Je ne suis pas rancunier et j’ai toujours voulu élever le débat. Dans l’exercice de mes mandats, j’ai tenté de démontrer que les structures publiques devaient se rapprocher au maximum de la gestion des structures privées. Il y a de nombreuses personnes de qualité au sein des administrations que j’ai côtoyées. Malheureusement, les règlements pour éviter des malversations alourdissent énormément ces structures tant sur le plan financier qu’en termes de dépenses d’énergie des personnes." 

SW : Qui va gérer temporairement le Mémorial 1815 avant que le nouvel opérateur Kléber Rossillon prennent concrètement les commandes ? 

E.C.: "C’est Nathalie du Parc, président de l’ASBL Bataille de Waterloo 1815 (NDLR : récemment devenue échevine à Braine-l’Alleud) qui assurera l’intérim en attendant l’arrivée du nouveau directeur choisi par Kléber Rossillon."

Etienne Claude-Nathalie du Parc DSC_0285.jpg

SW : Quelques mots de conclusion ? 

E.C.: "J’espère que le champ de bataille de Waterloo atteindra ses objectifs et que le musée Wellington fera confiance à l’équipe en place pour, sur sa lancée, faire du musée une attraction de premier plan dans le paysage mémorial et un moteur du futur cœur de ville. 
Je remercie enfin les formidables personnes que j’ai dirigées et mes nombreux contacts tant du monde politique que du secteur privé. Ils se reconnaîtront et me manqueront. Mais je ne serai pas très loin car le développement du tourisme de mémoire fait partie des objectifs de mon nouvel employeur Wallonie Belgique Tourisme !" 

Bonne m...!

Estimant la personnalité du double directeur en partance, ses qualités relationnelles tant avec le monde extérieur qu’avec son personnel, sa persévérance par la diplomatie, son énergie calme,  sa disponibilité et son honnêteté, on peut attester du volume, de la valeur et des résultats de son travail acharné. Même si on regrette son départ, on lui profère bruyamment le mot de Cambronne pour la suite de son parcours professionnel.

Viser le tourisme de proximité

Bernadette Delange-Raeymaeckers DSC_0506.jpgPar ailleurs au cours de la réception de nouvel an du musée Wellington, la présidente récemment reconduite Bernadette Delange-Raeymaekers a fait le bilan de 2018 et a réfléchi sur l’l'avenir du musée, ancien quartier-général du vainqueur homonyme de Napoléon le 18 juin 1815.

La présidente a souligné l'importance de l'ouverture en 2018 des salles rénovées de la bâtisse historique grâce aux collaborateurs du musée ainsi qu'aux architecte, ingénieurs et ouvriers de la commune. Pour 2019, le musée Wellington devra pourvoir au remplacement de son directeur et explorer davantage le gisement du tourisme de proximité. Tanguy de Ghellinck, blogueur Sudinfo Waterloo

4 commentaires Catégories : Bataille de Waterloo, Culture et histoire, SCOOP !, WIP - Waterloo's Important Persons Imprimer

Commentaires

  • C'est une grande perte pour nos institutions. Un GRAND monsieur, un travailleur, un homme honnête, gentil et toujours disponible. Je l'ai cotoyé à l'Intercommunale Waterloo 1815, à l'asbl du même nom et à l'ex- Maison du Tourisme. C'était toujours agréable de travailler et discuter avec lui. Je ne comprends pas pourquoi un certain échevin lui a mis des bâtons dans les roues. Malgré cela, il ne garde aucune rancune. C'est là qu'on voit les grands hommes. Que ça serve de leçon et d'exemple à cet échevin . Merci Etienne pour ton engagement, ton travail et ton amitié. Bon vent et à très bientôt!!!

  • Membre des Amis du Musée Wellington et guide bénévole, je regrette le départ d'Etienne dont j'ai apprécié son travail, son professionnalisme et son écoute.J'espère qu'il sera heureux dans son nouveau métier et ,comme il le souligne, il nous suivra et nous aidera...sans bâton dans les roues! A BIENTOT!!!

  • Je confirme que c est une grande perte pour le Musée. Mr E.C etait qq un de tres jovial tres impliqué dans son travail.Toujoursavec un sourire.tres empathique avec tout le monde.Je garderai un tres tres bon souvenif de lui

  • Très belle interview. Merci pour cet article, Tanguy.
    Moi aussi, je garderai un excellent souvenir du travail avec Etienne Claude.

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