Bataille de Waterloo : des découvertes étonnantes et riches en informations nouvelles !

Depuis le 9 juillet, 130 membres de Waterloo Uncovered se relaient pour fouiller la cour et le verger de la ferme de Mont-Saint-Jean à Waterloo

Comme déjà relaté, Waterloo Uncovered est une charity (organisation de bienfaisance) qui, grâce à l'archéologie, vise à reconstruire mentalement des militaires britanniques et hollandais  blessés ou souffrant du syndrome de stress post-traumatique (voir article ici).

Cette année, Waterloo Uncovered a voulu concentrer ses efforts sur la ferme de Mont-Saint-Jean et ses alentours qui n'ont encore jamais été jamais fouillés.

Néanmoins, une trentaine de personnes ont poursuivi les recherches entamées il y a un an dans la cour du château-ferme d'Hougoumont à Braine-l'Alleud. Elles ont (re)dégagé les fondations des larges murs d'une grange beaucoup plus grande qu'attendu. Les gravas de la grande rénovation des bâtiments avant le bicentenaire en 2015 ont ajouté une surcouche sur les fondations en question.

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Partager la gloire avec les Scots Guards

Dans la cour près de la porte nord de la ferme, l'équipe a trouvé 17 boutons d'uniforme britannique dont quelques uns appartenant au fameux régiment d'infanterie des Coldstream Guards considéré comme le grand vainqueur de la bataille d'Hougoumont dans la bataille de Waterloo.

Mais les autres boutons proviennent des uniformes des Scots Guards démontrant par là leur contribution héroïque à la défense du château-ferme. "Ces découvertes permettent ainsi d'attribuer une partie de la gloire des combats aux Scots Guards" a conclu Mike Greenwood, responsable de la communication de Waterloo Uncovered.

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Boutons des Scots Guards in situ à Hougoumont

Du côté de le ferme de Mont-Saint-Jean qui a servi d'hôpital britannique pendant la bataille de Waterloo, les membres de Waterloo Uncovered ont procédé à des fouilles dans l'ancienne fosse à purin, sans succès cependant. "Nous pensons que les fermiers vidaient chaque année la fosse pour répandre son contenu et d'éventuels restes dans leurs champs", explique Mike Greenwood.

Après le passage de détecteurs de métal, les militaires ont creusé des tranchées dans le verger à l'est de la ferme. Ils y ont trouvé un grand nombre de balles tirées par des mousquets alliés mais aussi des balles de plus petit calibre provenant de mousquets français.

Inédit : des combats tout près de la ferme

C'est une découverte surprenante qui révèle un fait réellement nouveau de la bataille :  toutes ces balles indiquent en effet que des combats se sont produits à côté de la ferme, à 600 mètres à l'intérieur de la ligne de front alliée ! Selon les archéologues, "les balles ont probablement été tirées par des mousquets à canon court équipant les cavaliers français".

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Tranchées creusées dans le verger de la ferme de Mont-Saint-Jean

Napoléon à un poil de la victoire

Un boulet de canon français en fer de 6 livres a aussi été trouvé dans le verger de même qu'un autre de 18 livres dans le champ derrière la ligne de front alliée, ce qui pourrait confirmer que Napoléon n'était pas loin de gagner la bataille du 18 juin 1815. En effet, vers 18 heures, après être parvenus à prendre la ferme de la Haye Sainte sur la chaussée Bruxelles-Charleroi, les Français y ont amené des canons de l'artillerie à cheval et ont bombardé les troupes alliées avec des boulets et des boîtes à mitraille à courte portée, menaçant sérieusement de briser la ligne alliée.

Un obus explosif dévastateur

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Hier, les membres de Waterloo Uncovered ont fait une autre trouvaille assez extraordinaire : un obus explosif français de 6 pouces datant de 1815 ! Contrairement à un obus de canon qui est une sphère pleine en fer frappant directement les soldats et ricochant parmi leurs rangs, un obus explosif est une sphère creuse remplie de poudre à canon et dotée d'une mèche à combustion lente. Il est tiré plus verticalement et explose au-dessus ou au pied des soldats ennemis, causant des pertes considérables. Par précaution, le service de déminage a été appelé pour neutraliser l'obus.

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Des os provenant d'amputations

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En outre, pour la première fois, Waterloo Uncovered a trouvé des ossements humains. Il proviennent de trois jambes qui pourraient être les restes d'amputations effectuées dans la ferme-hôpital. Cela reste à confirmer mais un des os a montre de graves lésions tandis qu'un autre porte les marques de la scie qui servi à amputer la jambe au-dessus du genou.

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Découvertes d'os de jambes

Trouver des restes humains a changé l’atmosphère sur le chantier : ils forment un trait d'union poignant entre les soldats qui ont souffert sur le champ de bataille en 1815 et les militaires vétérans ou en service de Waterloo Uncovered.

"Nous allons prélever précautionneusement les ossements pour les analyser et déterminer précisément ce qu'ils ont subi", indique Véronique Moulaert, archéologue en chef à l'Agence wallonne du patrimoine (AWaP).

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Émotions partagées

Anthony R. Martin, propriétaire et "développeur" de la ferme de Mont-Saint-Jean, est revenu spécialement de ses vacances à Valence pour constater les résultats du travail de Waterloo Uncovered. "Pour moi, la découverte d'ossements humains près de la ferme a un côté émotionnel. Capitaine et officier de liaison entre les armées britannique et française en Tunisie pendant la deuxième guerre mondiale, mon père a été sérieusement blessé à la jambe par un tir de mortier allemand alors qu'il se déplaçait en moto. Un fermier tunisien l'a recueilli et a pris soin de lui jusqu'à l'arrivée de la Croix-Rouge. Mon père a ensuite été transporté en Angleterre par bateau et c'est le médecin du roi qui a sauvé sa jambe en décidant de ne pas l'amputer." Etonnantes coïncidences qui bouclent la boucle de l'histoire. Tanguy de Ghellinck, blogueur Sudinfo Waterloo

 

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Anthony Martin, propriétaire de la ferme de Mont-Saint-Jean et Tony Pollard,

professeur à l'université Glasgow et directeur archéologique de Waterloo Uncovered

1 commentaire Catégories : Bataille de Waterloo, Culture et histoire, SCOOP ! Imprimer

Commentaires

  • "Ils y ont trouvé un grand nombre de balles tirées par des mousquets alliés mais aussi des balles de plus petit calibre provenant de mousquets français."
    Il faudrait peut-être utiliser les termes corrects: Un mousquet est une arme à feu portative .... à PLATINE A MECHE OU A ROUET , en usage dans l'infanterie aux XVIe et XVIIe siècles (WIKIPEDIDIA)
    Les armes utilisées à l'époque qui nous concerne tant par les français que par les alliés sont des FUSILS A SILEX : La mise à feu s'effectue non plus par une mèche enflammée mais par une pierre qui frappe contre une pièce en fer en produisant des étincelles. Le progrès est considérable.
    Les "mousquets à canon court équipant les cavaliers français" s'appellent des mousquetons (de cavalerie), ils sont également à silex.
    Tout ceci en français; en anglais , le terme anglais musket n'a pas du tout le même sens que mousquet ! D'où la confusion faite par beaucoup.

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