Mesure radicale : la commune saborde l'ASBL Waterloo Sports !

Depuis le début de l'année, l'ASBL Waterloo Sports, très largement subsidiée par la commune, est dans la tourmente à la suite d'un audit ordonné par la commune

Et la sentence de ce contrôle vient de tomber : dans un communiqué, la commune de Waterloo annonce qu'elle va désormais gérer et exploiter elle-même ses infrastructures sportives.

Peu après son installation après les élections communales d'octobre 2018, le nouveau collège communal a décidé de faire procéder à un audit approfondi des ASBL subsidiées par la commune, dont Waterloo Sports, afin de vérifier la bonne utilisation de subventions en question (voir article ici).

Patrimoine sportif de la commune

Pour rappel, Waterloo Sports gérait de nombreuses infrastructures sportives : le hall omnisports du centre-ville et du Chenois, le stade du Pachy avec son terrain de rugby ceinturé par une piste d'athlétisme, la piscine Nausicaa, le boulodrome, le complexe sportif de Joli-Bois avec ses terrains de football, les installations de Waterloo Tennis.

Changements dans la gestion

Après des mois de réflexion, les autorités communales reprennent donc ont décidé de rapatrier la gestion des infrastructures sportives "afin de les rendre plus efficientes".

Selon le communiqué de la commune, cette décision a trois conséquences :

- l'exploitation de la piscine Nausicaa devrait être confiée à une ASBL communale encore à créer

- la gestion du tennis, du padel et du club house du Waterloo Tennis sera concédée au secteur privée

- une régie communale va être créée pour l'exploitation des autres infrastructures sportives communales, leur mise à disposition aux clubs et l'organisation de stages pour les jeunes

Malgré ces changements, le fonctionnement quotidien des infrastructures sportives communales et le personnel actuel de l'ASBL seront maintenus.

Licenciement

Pour la première fois, le pouvoir communal reconnaît officiellement que le conseil d'administration de Waterloo Sports a pris, "en urgence", des mesures de réorganisation, dont le licenciement, il y a plusieurs mois déjà, du directeur Michel Swolfs. Tanguy de Ghellinck, blogueur Sudinfo Waterloo

 

On acte que le pouvoir communal et le conseil d'administration de l'ASBL Waterloo Sports prennent certaines actions. Cependant, le communiqué de la commune dont l'essentiel est repris ci-dessus appelle des questions et des commentaires.

1) On ne sait toujours pas officiellement pour quelles raisons précises des décisions ont dû être prises. Des erreurs de gestion et/ou de comptabilité, des malversations, des détournements ont-ils été commis ? De quels montants parle-t-on ? Depuis combien de temps ? Si cela est avéré, plainte a-t-elle été déposée par la commune ? Si non, pourquoi ?

Le cas échéant, le directeur licencié Michel Swolfs serait-il le seul responsable fautif au sein de l'ASBL Waterloo Sports ? Les comptes et la gestion de l'ASBL n'ont-ils pas été approuvés par son conseil d'administration en grande partie "politisé" ? Les précédents échevins des sports n'ont-ils jamais rien vu ? Pour lever l'opacité de certains pans du dossier, il faudrait rendre l'audit public.

2) Que devient l'ASBL Waterloo Sports vidée de sa substance ? Demeure-t-elle une coquille vide ou est-elle dissoute ? Dans quel état sont ses finances ? Si elles sont dans le rouge, la commune bouchera-t-elle le trou ? Que devient le subside communal à l'ASBL qui tourne autour de 1,1 million d'euros par an ?

Par ailleurs, alors qu'elle avait déclaré en conseil communal qu'elle évoquerait la situation de Waterloo Sports en fin d'année quand les contrôles de toutes les ASBL subventionnées par la commune seraient achevés, on observe que la bourgmestre a anticipé sa communication (partielle).

C'est politiquement habile car après avoir injustement interdit la publication dans Waterloo info d'une carte blanche d'Ecolo au sujet de Waterloo Sports (voir article ici), elle coupe l'herbe sous le pied de l'opposition dont Ecolo qui possède un administrateur dans le conseil d'administration de l'ASBL.

En effet, Ecolo comptait légitimement faire du dossier Waterloo Sports une affaire politique mais les discussions internes entre les partisans d'une opposition incisive et ceux d'une opposition collaborative, les tergiversations, la prudence excessive, voire la consultation d'un avocat, ont paralysé son action et n'ont conduit à rien.

Désormais, toute intervention de l'opposition sur Waterloo Sports aura pour seul effet de faire un grand "plouf". Comme nous l'ont déjà confié (avec regret ?) certains élus de  la majorité absolue MR :  "C'est inimaginable comme l'opposition est faible à Waterloo !" On pourrait aussi ajouter qu'elle communique bien peu ou maladroitement.

Ce n'est pas demain que le rapport des forces politiques entre une majorité à la biélorusse et une opposition lilliputienne va changer à Waterloo où plane une brume de politique molle et de débat démocratique faible...  TdG

 

7 commentaires Catégories : Politique, Sport Imprimer

Commentaires

  • Enfin ! Il était temps de remettre de l'ordre dans la maison et précédemment j'avais déjà fustigé le comportement de cette ASBl qui ,se pensait intouchable

  • La question demeure : que reproche-t-on à la gestion de Woo-Sports ? Et à son directeur ? Dysfonctionnements et malversations depuis 15-20 ans, selon Ecolo. Pouvons nous en savoir davantage ? Merci Madame Vander Borght de vous expliquer enfin, car ici vous n'aurez pas l'excuse d'être censurée. Des faits svp. A Mme VdB et à tous ceux qui savent, merci de nous éclairer.

  • Waterloo Sports Asbl

    Ecolo Waterloo a pris connaissance du communiqué de presse de la Commune de Waterloo annonçant la dissolution de l’asbl Waterloo Sports, via l’article de Sudinfo Waterloo du 30 septembre 2020 et prend acte de cette décision.

    Après un travail d’opposition constructif et respectueux, Ecolo Waterloo tient à démentir fermement les allégations de faiblesse portées à son encontre dans le commentaire émis par la rédaction de Sudinfo Waterloo en marge de cet article de presse.

    Nous ne sommes pas dupes. Cette dissolution de l’ASBL Waterloo Sports ne peut en aucun cas servir à la majorité pour noyer le poisson et pour occulter les responsabilités, également au niveau du contrôle (le Collège communal notamment), dans les fraudes relevées par le rapport d’audit du 14 février 2020.

    Las d’attendre une réaction du CA de l’asbl ou du Collège communal, Ecolo Waterloo et le MVW ont déposé ce rapport d’audit en date du 23 septembre 2020 auprès du Procureur du Roi de Nivelles, conformément aux obligations incombant aux conseillers communaux sur base du Code d’Instruction Criminelle.

    Ecolo Waterloo demande :
    - Que toute la lumière soit faite sur les détournements, vols, abus de biens sociaux, fraudes… relevés dans le rapport d’audit ;
    - Que les différentes responsabilités soient établies ;
    - Qu’une plainte formelle avec constitution de partie civile soit déposée par la Commune de Waterloo par le biais de son Collège communal pour récupérer l’argent des citoyens de Waterloo auprès des fraudeurs et bénéficiaires d’avantages indus ;
    - Que cet argent soit réinvesti dans les infrastructures et les activités sportives pour les Waterlootoises et Waterlootois ;
    - Que le point soit débattu en séance publique du conseil communal afin que chacun puisse être informé et que le Conseil communal puisse tenir son rôle démocratique.


    Pour Ecolo Waterloo

    Bénédicte Vanderborght, Coralie Vanbever, Cindy Dequesne, Gérard Dayse & Iyad Alamat

  • Bonjour,
    Excellent qui pose tts les questions essentielles.
    Dans cette affaire, c'est brume, brouillard et labyrinthe.
    Du danger des majorités absolues

  • En effet, cette commune devient une nébuleuse, j'espère retrouver ou trouver un jour une personne qui mettra de l'ordre dans les différents services et surtout celui des travaux, ca devient infernal

  • Que signifie "majorité Biélorusse ? Les commentaires de ce blog sont-ils modérés ou censurés ?

  • Pour répondre à TDG et son commentaire :

    "C'est inimaginable comme l'opposition est faible à Waterloo !" On pourrait aussi ajouter qu'elle communique bien peu ou maladroitement.

    Voici quelques explications et commentaires :

    L’opposition politique est faible à Waterloo car la plupart des « locales « des partis nationaux ont comme politique d’être des recruteurs de voix pour les « maisons mères politiques ». Le débat local à Waterloo est donc souvent effacé de ce fait par le débat régional ou national.
    Quelques exceptions: En 1982 La liste citoyenne ouverte « Notre Waterloo » soutenue par ecolo eu directement 1 élu au conseil communal de Waterloo ; certains autres membres de NW ont continué à faire de la politique citoyenne locale au sein d’autre partis comme Etienne Verdin (passé au MCC).
    En 2012 et en 2018 une nouvelle liste citoyenne de rassemblement se crée soutenue par le CDH, des libéraux dissidents et des environnementalistes et personnes issus des comités de quartiers ; Plusieurs partis dont Ecolo, Défi déclinent l’invitation de MVW de construire une opposition locale forte et structurée face à la majorité absolue MR en place depuis 30 ans. Pour ces partis la priorité est manifestement d’apporter de la visibilité et du recrutement à leurs partis régionaux.
    L’élue de Défi étant même passée en 2019 au MR en abandonnant son parti, il ne reste donc plus que 7 conseillers communaux dans l’opposition à Waterloo par rapport aux 22 élus MR !

    En ce qui concerne Waterloo Sport les faits de mauvaise gestion ont été dénoncés plusieurs fois chiffres à l’appui par MVW notamment lors des conseils communaux depuis 2012 ou le budget de Waterloo Sport était à l’ordre du jour. Ni la presse locale, ni les médias régionaux n’ont relayés nos interventions à l’époque !
    La majorité absolue MR exerce un contrôle absolu sur les médias locaux communaux ; il est même considéré comme « normal » que le collège des bourgmestres et échevins de Waterloo censure des articles dans la tribune libre de Waterloo info, comme le dernier en date sur Waterloo Sport.
    Rappelons que cette asbl avait été crée il y a une trentaine d’années par le précédant Bourgmestre de Waterloo. Les asbl communales et Intercommunales permettent souvent de procurer des mandats à des politiciens et aussi de caser des amis des politiciens. Les contrôles sont moins contraignants que dans le cadre de structures communales ; les abus se constatent parfois comme dans le cas de Publifin ou des sommes colossales sont détournées au détriment des citoyens. La vigilance de l’ensemble des élus et des citoyens est donc recommandée pour un control de gestion strict !
    L’état de délabrement des infrastructures et le manque de moyens humain actuel de la Justice nationale dépourvue de moyens humains suffisants, fait que si le dossier de Waterloo sport devait passer en justice, le dossier risquerait de ne pas aboutir dans les délais. Les dossiers BNP est la pour nous montrer que les délais de prescriptions permettent aux accusés d’être blancs comme neige ; nous n’avons pas non plus de nouvelles du dossier d’accusation de corruption du précédant Bourgmestre de Waterloo; s’acheminera-t-il aussi vers la prescription ?

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